Même les amis d'obama sont victimes du racisme aux USA
je dirai que Henry Louis Gates Jr. devrait être très chanceux d’etre en vie pour parler de son expérience. S'il n'avait pas été un homme noir important, il serait maintenant dans une morgue. Ce qui est choquant, c'est que plutôt que d'affronter le racisme chez les policiers à travers cet incident, Obama fait son mea culpa à la police américaine. Il est vrai qu' Obama n'est ni un Malcolm X, ni un Martin Luther King, donc il ne faut pas attendre des changements radicaux de sa part. Voila la raison que l’élite blanche aux USA l’a choisi comme président. Hort
OK ! Très bien !
Là-bas, aux states, on s'émeut, on s'indigne, on médiatise mais on met en route sérieusement la riposte judiciaire et de masse !
Mais ici en France, que fait-on lorsque la même chose arrive en plus grave avec souvent des morts, à des noirs qui sont colonisés (les descendants d'africains) ou qui ont été colonisés par la France (les africains avec ou sans papiers) ?
Pour la plupart des membres de la société civile française on pratique la négation, pour quelques autres quelques gesticulations hypocrites pour la forme ! Le résultat : rien !
Pour quelques autres qui ont réduit l'anti-colonialisme à une seule cause et un seul lieu : la riposte la plus subtile et la plus efficace est de parler d'autre chose !
Si possible loin d'ici ! On parle d'autre chose surtout si c'est ailleurs et que en tant que français cela permet de parler et de militer sur une cause dont on est pas directement responsable et sur laquelle son propre gouvernement n'est pas l'acteur principal...
Ainsi on parle abondamment du colonialisme des autres pour cacher le sien et éviter de demander des comptes au colonialisme français qui fait pourtant des ravages terribles depuis plusieurs siècles soit beaucoup plus longtemps et sur plus de gens que le colonialisme très récent que l'on dénonce chez les autres à l'étranger...
Jusqu'à quand ?
Ce sera la grande surprise, en France, de cette nouvelle période marquée par quelques affaires où des individus, des groupes et des masses se sont donné les moyens non seulement de dire non au racisme institutionnel et au négationnisme français négrophobe mais de plus de conduire des actions de Réparation jusqu'au bout !
Surprises, surprises....
Paris le 24 juillet 2009
La mésaventure d'un professeur noir ravive la question raciale aux Etats-Unis
source : LE MONDE | 23.07.09 |
Washington Correspondante
Les Américains n'ont pas fini d'entendre parler du 16 juillet, jour où Henry Louis Gates Jr., l'un de leurs professeurs les plus connus, titulaire de la chaire d'études africaines-américaines à Harvard, grand spécialiste de l'histoire du racisme et de la ségrégation, a été arrêté chez lui comme un vulgaire malfrat par un policier blanc du commissariat de Cambridge, dans le Massachusetts. La victime a promis d'en tirer toutes les leçons. "J'en ferai un documentaire, a-t-il juré. Le système de justice pénale est vraiment pourri."
Le professeur revenait d'un séjour en Chine, où il était allé enquêter sur les origines familiales du violoncelliste Yo-Yo Ma. Depuis que le recours à l'ADN s'est banalisé, Henry Louis Gates s'est spécialisé dans les recherches généalogiques. Avec l'écrivain Maya Angelou, il est remonté jusqu'en Sierra Leone. Avec l'acteur Don Cheadle, jusqu'à la tribu indienne des Chikasaw. A chaque fois, il en rapporte un documentaire vu par des millions de téléspectateurs. Il a aussi fondé un site Internet "black", financé par le Washington Post, The Root. A Cambridge, où il habite sur Ware Street, dans une maison à quelques blocs de l'université, les gens le saluent dans la rue. Ce 16 juillet, la serrure de la porte de sa maison était un peu grippée, la clef tournait mal. Avec son chauffeur de taxi, M. Gates a forcé la porte. Voyant deux Noirs à l'ouvrage de ce quartier bourgeois, une femme (dont l'identité n'a pas été révélée) a appelé la police. C'était le début de l'après-midi. L'appel fait mention de "deux grands Noirs" munis de sacs à dos.
A ce stade, les versions divergent. Le professeur Gates a montré ses papiers, prouvé qu'il était chez lui, et à son tour, a demandé à son interlocuteur de justifier de son identité. Le sergent James Crowley, onze ans de métier, aurait refusé et le professeur Gates aurait dénoncé un délit de faciès.
La discussion s'est terminée au poste, où l'universitaire, un homme de 58 ans et d'allure plutôt chétive, est arrivé menotté. Il n'est ressorti qu'au bout de quatre heures et après l'intervention de Charles Ogletree, alias "Tree", célèbre professeur de droit de Harvard et mentor du président Barack Obama au début de sa campagne.
L'incident, qui s'est déroulé suivant un scénario bien connu des Noirs américains, a réveillé les réflexes classiques. "Les seules personnes qui vivent dans un monde post-racial sont les quatre habitants" de la Maison Blanche, a commenté M. Gates, amer. Dans le Washington Post, le journaliste Wil Haygood a raconté d'expérience ce moment où, quel que soit le statut social, les individus reproduisent des comportements qui les dépassent : "Oubliez Harvard, (M. Gates) est dans cette zone délicate où se rencontrent la peau noire et les forces de l'ordre (...) Ce moment où l'homme noir porte une éternité pour bagage."
Le sergent Crowley a refusé de présenter ses excuses. Il n'a probablement pas fini non plus d'entendre parler de l'incident. Le professeur Gates compte en faire l'emblème des contradictions de l'Amérique à l'heure de son premier président noir. L'élection de novembre 2008 n'a pas été suivie de "changements structurels", a-t-il constaté. Vu la popularité des démocrates à Cambridge, le policier a "probablement voté pour Barack. Cela ne m'a pas été d'un grand secours".
Pendant sa conférence de presse, mercredi à la Maison Blanche, le président Obama a été interrogé sur l'incident. "Skip est un ami, a-t-il dit, en utilisant le surnom du professeur. Je risque d'être partial." Toujours extrêmement prudent dès qu'il aborde la question raciale, pour ne pas apparaître comme l'homme d'une communauté, il a cette fois-ci pris parti. "D'abord, je crois qu'on peut dire, que nous serions tous assez en colère (dans cette situation).
Deuxièmement, la police de Cambridge a été stupide d'arrêter quelqu'un alors que la preuve était établie qu'il était dans sa propre maison. Troisièmement, cet incident nous rappelle qu'il y a une longue habitude dans ce pays de contrôler les Africains-américains et les latinos de manière disproportionnée."