Papa France se fâche et menace et l'enfant Tchad se remet vite à l'ordre

Publié le par hort

Le président Deby appelle l'Eufor à l'aide
  07/02/08
 

N'DJAMENA, 7 février (AFP) - "Je lance un appel solennel à l'Union européenne et à l'initiateur de cette idée, la France, pour faire en sorte que cette force vienne s'installer le plus rapidement possible pour alléger le poids que nous supportons aujourd'hui", a-t-il déclaré sur la radio française Europe 1.

"Cela nous aurait aidé si l'Eufor avait déjà été installée", a reconnu le chef de l'Etat, après une offensive rebelle contre N'Djamena qui a failli le renverser le week-end dernier au cours d'une violente bataille qui a fait au moins 160 morts.

Le déploiement de l'Eufor avait été suspendu au moment où les rebelles ont lancé, le 28 janvier, leur attaque contre le pouvoir de N'Djamena depuis la frontière soudanaise. Cette force vise à déployer quelque 3.700 soldats européens, dont 2.100 Français, dans l'est du Tchad et en Centrafrique pour protéger 450.000 réfugiés du Darfour (ouest du Soudan) et déplacés tchadiens et centrafricains.

"La communauté internationale doit sauver les Darfouriens menacés dans leur existence", a poursuivi M. Deby qui avait pourtant paru plutôt réticent pendant les préparatifs de lancement de l'Eufor.

Mais, depuis, le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1990, a failli être renversé le week-end dernier par une rapide et puissante offensive des rebelles, partis de la frontière soudanaise. Au cours du même entretien, le président tchadien a assuré que le Soudan, qu'il accuse d'être derrière l'offensive rebelle, allait "recommencer" et il a reproché à l'Union africaine son attitude.

"Puisque la communauté internationale ne dit rien contre le Soudan, puisque l'Union africaine joue la politique de l'autruche (...), donc le Soudan a eu une sorte de feu vert pour déstabiliser le Tchad", a-t-il estimé. Une source militaire à N'Djamena a indiqué à l'AFP qu'au moins 200 pick-up de rebelles tchadiens, qui ne semblaient pas en mouvement, avaient été repérés près de Mongo, à environ 400 km à l'est de N'Djamena."Il y a eu jonction entre la colonne de l'est et les éléments venus de N'Djamena", a déclaré cette source.

La rébellion s'en est prise vivement jeudi à la France qui, par la venue de son ministre de la Défense Hervé Morin, mercredi à N'Djamena, a apporté un "soutien sans faille" à Idriss Deby.

"La France a pris une lourde responsabilité en prenant fait et cause pour le régime dictatorial, répressif, corrompu, mafieux et illégal, en manipulant de bout en bout le Conseil de sécurité (de l'ONU) pour justifier son intervention armée au Tchad", a indiqué la rébellion dans un communiqué reçu par l'AFP à Libreville.

L'opposition armée "est désormais convaincue que la présence française au Tchad est un handicap majeur pour la paix et l'avènement d'un régime véritablement démocratique". La rébellion ajoute qu'elle "mettra tout en oeuvre, de concert avec toutes les forces vives du pays, pour mettre fin à la +Françafrique+ et bâtir un Tchad nouveau".

Idriss Deby a indiqué que la France n'avait "pas agi directement sur le terrain aux côtés de l'armée tchadienne" mais qu'elle avait donné "des éléments d'information extrêmement importants et utiles pour les actions que nous avons eu à mener".

Après avoir reçu ce soutien "sans faille" de Paris qui, après quelques tergiversations, a sauvé son pouvoir vacillant, Idriss Deby a donné à Paris un premier gage en assurant qu'il était prêt à accorder rapidement la grâce aux six membres de l'Arche de Zoé, emprisonnés en France après avoir été condamnés au Tchad pour tentative d'enlèvement d'enfants

 

La France a permis à Idriss Déby de sauver son régime
 
Laurent d'Ersu et Jean-Christophe Ploquin
09/02/08

Des troupes spéciales françaises ont pris part aux affrontements de la semaine dernière, tandis que la France soutenait en munitions et en renseignement le régime tchadien. Sans le soutien de la France, le président tchadien Idriss Déby n’aurait pas pu contrer l’offensive de trois forces rebelles coalisées en fin de semaine dernière. C’est ce qui ressort d’informations livrées par des diplomates et des militaires français. En dépit des assurances données par les responsables français et tchadiens, des troupes françaises ont été engagées dans des combats visant à contrer l’offensive rebelle.
 
Dans le cadre d’un Détachement d’assistance militaire et d’intervention (Dami) envoyé quelques semaines plus tôt au Tchad , des officiers français ont notamment coordonné l’attaque menée le 1er février par l’armée tchadienne contre la colonne rebelle à Massaguet (50 km au nord-est de N’Djamena). C’est un échec : les combattants de l’ethnie présidentielle zaghawa font défection, le chef d’état-major est tué et le président Déby contraint de regagner N’Djamena. Il refuse alors sèchement l’offre d’« exfiltration » présentée par Nicolas Sarkozy
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Paris a aussi fourni à Déby du renseignement
 
Dès le lendemain, des éléments du Commandement des opérations spéciales (Cos) français s’impliqueront dans les combats de N’Djamena, avec une stratégie qui se révélera payante : épuiser les rebelles, bientôt à court de munitions. Au cours de l’évacuation des 1 200 ressortissants étrangers, des soldats français auront par ailleurs à ouvrir le feu contre des rebelles approchant de l’aéroport de N’Djamena. Indispensable à l’évacuation, cet aéroport aura aussi un rôle stratégique dans les combats, puisqu’il permettra le décollage des hélicoptères d’attaque tchadiens, pilotés par des mercenaires.

En vertu de l’accord de coopération militaire qui lie la France et le Tchad, Paris a aussi fourni à Idriss Déby du renseignement sur les mouvements des rebelles, au moyen d’avions (Mirage F1 et Bréguet-Atlantic) déployés dans le cadre de l’opération Epervier, ainsi que grâce à ses satellites. La France a aussi fait livrer des munitions par la Libye, notamment pour les chars T-55 de fabrication russe qui ont permis à Idriss Déby de laminer ses opposants à N’Djamena
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Plusieurs tonnes de munitions sont arrivées de Tripoli
 
Selon un proche du dossier, la seule fois où Idriss Déby a paru tendu au téléphone lors d’une de ses conversations avec Nicolas Sarkozy, le week-end dernier, c’est lorsqu’il a constaté qu’il était à court de munitions. « Voilà la preuve que nous avons bien fait d’accueillir Mouammar Kadhafi en décembre dernier », ironise un diplomate français. Après quelques coups de téléphone, plusieurs tonnes de munitions sont en effet arrivées de Tripoli.

L’appui militaire a été doublé d’un fort activisme diplomatique. La France s’est appuyée sur la condamnation de l’attaque rebelle affichée – tardivement – samedi par les chefs d’État de l’Union africaine rassemblés en Éthiopie. Deux jours plus tard, sur proposition française, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait une « déclaration » condamnant la tentative de putsch et appelant « les États membres à apporter leur soutien au gouvernement du Tchad, ainsi qu’il l’a demandé et en conformité avec la Charte des Nations unies ».
 
Pour l’Élysée, bien qu’elle soit non contraignante, cette déclaration fournit la base juridique d’une éventuelle intervention directe des forces françaises dans le conflit. Une menace qui pèse dorénavant sur les forces rebelles dont deux colonnes ont été repérées à l’est de N’Djamena.
 
Le mandat de l’Eufor n'intègre pas la lutte contre la rébellion
 
La France a par ailleurs veillé à ce que ses partenaires européens ne remettent pas en cause l’Eufor, une opération militaire de l’Union européenne destinée à protéger les populations civiles à l’est du Tchad et en Centrafrique. Après le feu vert donné par les 27 États membres de l’UE le 28 janvier, des troupes autrichiennes et irlandaises étaient attendues vendredi dernier à N’Djamena. Leur arrivée a été retardée mais devrait avoir lieu « dès le début de la semaine prochaine », selon Bruxelles.

Idriss Déby a lancé jeudi 7 février un « appel solennel à l’Union européenne et à l’initiateur de cette idée, la France, pour faire en sorte que cette force vienne s’installer le plus rapidement possible pour alléger le poids que nous supportons aujourd’hui ». Il n’est pas prévu que le mandat de l’Eufor, qui devrait être composée de 3 700 hommes, dont 2 100 Français, intègre la lutte contre la rébellion.

Jeudi, cette dernière s’en est prise vivement à la France qui, par la venue de son ministre de la défense Hervé Morin, mercredi à N’Djamena, a apporté un « soutien sans faille » à Idriss Déby. Un soutien que Nicolas Sarkozy devrait confirmer à la fin du mois par une visite au Tchad.
 



Tchad, 500 personnes ont manifesté à Paris pour dénoncer la complicité de la France et exiger la libération des opposants enlevés.
 
Silence des médias français !

Paris, le 9 février 2008,

Tchad : 500 personnes ont manifesté ce samedi à Paris pour dénoncer la complicité de la France et exiger la libération des opposants enlevés. Les journaux télévisés français, diffusés dans le monde entier, n’en parlent pas. Dans son journal de 20h00 de ce jour, TF1 parle plutôt du "retour presque à la normale à N’Djamena" et met l’accent sur ces français "expatriés qui peuvent rentrer [chez eux]" et découvrent leur maison pillée, leur hôtel, leur banque. Quand TF1 parle du sort des Tchadiens, c’est pour montrer "un vieil homme qui attend le retour de ses employeurs". C’est en quelque sorte une illustration du concept des "aspects positifs du pillage de l’Afrique".

Que des Français aient trompés les Africains pour leur subtiliser leurs enfants, il faut les gracier "quoiqu’ils aient fait", Que les chefs de file de l’opposition politique non armée soient jetés en prison n’intéresse pas les pouvoirs politiques et médiatiques français.Les Africains l’ont compris encore une fois. Beaucoup de ceux qui disent aimer sincèrement l’Afrique n’aiment pas les Africains.

Gilbert Léonard

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Publié dans contemporary africa

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