L'arche de Zoé et le mythe de la souveraineté africaine

Publié le par hort

 
 
Colonie française du Tchad : Exfiltration autoritaire des six Français condamnés pour tentative d’enlèvement d’enfants 
 
28/12/2007
 
Le rideau s’est finalement levé sur le leurre qui se jouait entre Abéché, N’djamena au Tchad et Paris depuis le 25 novembre, sur fond d’affaire dite Arche de Zoé. Suite à l’interception in extremis ce jour-là par les autorités tchadiennes de neufs français qui avaient mis en œuvre une opération d’enlèvement d’enfants tchadiens en vue, apparemment de les faire adopter en France au titre d’orphelins du Darfour, après une sanction clémente et une absolution commandée de «journalistes», les Français condamnés ont regagné leur pays le 28 décembre 2007. Le lendemain de leur condamnation à huit ans de travaux forcés, alors qu’ils encouraient des peines se fixant entre cinq et vingt ans. Comme l’avait promis le président Sarkozy qui ne s’était embarrassé d’aucune préséance diplomatique en affirmant que «même s’ils ont fait quelque chose de mal» les Français reviendraient en France, disant autrement le privilège d’être français en Afrique. Traduisons notamment la supériorité de la nationalité française en Afrique sur les lois locales.
 
L’opération hautaine et autoritaire a consisté à demander officiellement le transfèrement des Français condamnés en France le jour même de leur condamnation par la justice tchadienne qui s’est empressée on ne sait (?) pour quelles raisons de s’exécuter. Disparus les donneurs de leçons qui tancent les Africains incapables de respecter les lois, incapables de faire autre chose que des arrangements sur le dos des procédures légales, rationnelles, démocratiques. Disparus les haut-parleurs qui prêchent la séparation des pouvoirs, et même les simulacres ridicules de la défense des membres de l’expédition qui tenta d’enlever des enfants africains on ne sait à quelle fin. Tout cela a été balayé par une grossière opération fleurant bon des godillots et les pratiques du protectorat français du Soudan.
 
Il ne peut s’agir de transfèrement comme disent et essaient d’accréditer les médias racistes en ce sens qu’ils conçoivent et véhiculent l’imbécillité intellectuelle et démocratique d’une justice pour les Blancs et une pour les Noirs. Le transfèrement est un changement de lieu d’emprisonnement et implicitement suppose que la peine en sa nature et son exécution soit la même. A l’instar des transferts pour raisons diverses (sécurité, risque d’évasion, …) de détenus d’une prison à un centre carcéral jugé plus approprié. Les médias mentent effrontément et sans contradiction, il ne s’agit que victimes nègres, enfants et parents douteux, pis nègres d’Afrique, d’un pays pauvre et co-administré par la douce et humaniste France…
 
Il ne peut s’agir dans cette opération pseudo judiciaire d’extradition puisque comme le rappelait le juriste Armand Adotevi «Aux termes de l’article 49 C de l’Accord en matière judiciaire, il est précisé ce que ci-après : « … l’extradition est refusée … -c) Si les infractions ont été commises en tout ou partie sur le territoire de l’État requis … ». Nul ne pouvant valablement arguer de ce que l’infraction n’a pas été commise en tout ou partie sur le territoire Tchadien, la demande de la Partie État Française à l’Accord ne pourra prospérer.»
 
Il ne saurait y avoir d’extradition sous le couvert de l’Accord judiciaire de 1976. Quelle base légale a donc servi au faux «transfèrement» des six condamnés français du Tchad ? Une seule, le rapport de type colonial qui lie l’ancienne puissance tutélaire à un Etat qu’elle n’a cessé de manipuler et gérer en fonction de ses intérêts depuis quarante ans. La France a décidé que les Français seraient sortis du Tchad quels que fussent leurs faits, méfaits et crimes, le Tchad, petite province exotique s’est exécuté. On ne parle plus de souveraineté, au lieu de farce, de plaisanterie qui n’en fini plus de durer.
 
Le signal est limpide. A l’instar de milliers d’affaires de nature criminelle impliquant des Français en Afrique, pédophilie, prostitutions hétérosexuelles et viols homosexuels, le principe demeure de l’intouchabilité des Blancs en Afrique (ex-) colonisée, sauf exception. La médiatisation de l’Affaire dite Arche de Zoé sur des aspects qui évitaient soigneusement les questions gênantes telles que les soutiens hauts placés voire enracinés dans l’industrie pharmaceutique -confère nos articles précédents- de ces «travailleurs humanitaires» un peu spéciaux ont été d’un commun accord entre la puissance tutélaire et sa colonie évacués.
 
Aurait-il pu en aller différemment quand on sait que le régime tchadien de M. Deby ne tient que grâce à l’appui militaire et en forces spéciales de la Françafrique qui l’avait installé au pouvoir à la fin 90, contre l’ancien homme de la France Hissein Habré ? Régime abreuvé de pétrole qui s’éternise d’élections imaginaires en tripatouillage de la constitution, la Françafrique avait pour seule contrainte à canaliser la colère populaire, les réactions anti-françaises et dans une certaine mesure les opérations humanitaires au Darfour, relevant elles aussi de la géopolitique. En offrant aux politiques tchadiens de jouer momentanément leur partition sur la souveraineté de la justice et en faisant miroiter à des familles financièrement exsangues la promesse de plus de 60 000 euros la pilule s’est transformée en opportunité. Le sol africain reste ainsi lieu de viol, de vol, de prédation consacrée et chacun le saura. Les grands humanistes, les écorchés de l’Etat de droit avalent leurs cuillères et vont à la soupe, dans l’ouverture à tout rompre... Aux Africains et aux nègres du monde de tirer les leçons qui s’imposent.
 
 
L’accord judiciaire interdit formellement 'l’extradition de condamnés'
 
 Le Président,
Le Député Ngarlejy YORONGAR
N’Djaména, le 27 décembre 2007,
 
Communiqué de presse : Après le verdict condamnant Eric Breteau et consorts, leur transfert en France est interdit par l’accord en matière judiciaire signé, le 6 mars 1976 entre par le général Félix, Chef de l’Etat du Tchad et par M. Jacques Chirac, Premier Ministre de France.
  
1)- Cet accord en matière judiciaire interdit formellement l’extradition des Breteau:
 
Le titre II de cet accord  en matière judicaire consacré à l’extradition ne permet pas l’extradition de Breteau et consorts.
 
Les articles 45 et 48 concernent les personnes faisant l’objet de poursuite judiciaire mais non encore condamnées tandis les articles 50 à 61 fixent les modalités de cette extradition.
 
Pour les personnes définitivement jugées, l’article 49 dispose clairement que «l’extradition est interdite :
 
«a)- si les infractions ont été jugées définitivement dans l’Etat requis…».
 
Cette disposition ferme définitivement la porte de l’extradition sur les Breteau
 
Les autres alinéas c, d, e et les articles 50 à 61 concernent les modalités d’extradition des personnes en cours de poursuite judiciaire aux termes articles 45 à 48.
 
En écoutant M. Pahimi Padacké, Ministre de la Justice, on se demande, comment et en vertu de quelles dispositions de cet accord, le gouvernement français peut-il demander l’extradition des Breteau comme il le prétend ? Et quelles sont les dispositions de cet accord que le gouvernement tchadien visera-t-il pour accéder à la demande du gouvernement français le «transfèrement» des condamnés en France sans violer cet accord cité à satiété par les deux gouvernements ? A moins que ceci soit rendu possible par les seules volontés de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République du Tchad et de M. Idriss Déby, Chef de l’Etat du Tchad.
 
2)- La nullité absolue du verdict de la Cour Criminelle:
 
Le 25 octobre 2007, Eric Breteau et consorts sont arrêtés à Abéché la main dans le sac contenant 103 enfants volés qu’ils s’apprêtent à embarquer clandestinement en France. Ils sont inculpés avant d’être transférés à N’Djaména.
 
En voulant nous tordre le coup, le Juge d’Instruction et le Président de la Cour d’Appel ont maladroitement assis le procès de l’arche de Zoé sur la nullité absolue pour violation du code de procédure pénale.
 
Faut-il rappeler que le Doyen des Juges d’Instruction se rend, volontairement, coupable de déni de justice dans cette procédure engagée contre l’Arche de Zoé, Eric Breteau et consorts. Même si la précipitation ne rime pas avec le respect des lois, il aurait fallu faire un effort pour respecter la procédure au lieu de se livrer aux violations à profusions ? Voici les preuves de ces violations à répétition qui rendent le verdict de la Cour Criminelle nul et de nul effet :
Le 9 novembre 2007, nous avons requis Maître Kannoné Pambro, huissier de justice pour auditionner les responsables des Ministères et autres habiletés à délivrer les réquisitions des juges pour siéger un jour non ouvrable, les autorisations à des associations comme Arche de Zoé alias Children Rescue et les autorisations de survol du territoire tchadien par les avions de cette association (cf. procès-verbal d’huissier). Il en est ainsi:
 
-         du Ministère de la Justice pour s’assurer que les juges sont réquisitionnés ou pas pour siéger  le jour non ouvrable et les juges eux-mêmes, qui ont siégé ce dimanche 3 novembre 2007;
-         du Ministère du plan et de la Coopération, si l’Arche de Zoé alias Children Rescue est immatriculée à son service des ONG ;
-         du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, si l’Arche de Zoé alias Children Rescue est autorisée ou pas par ses services compétents en la matière;
-         de l’ASECNA, si l’Arche de Zoé alias Children Rescue est ouiou non autorisée à survoler le territoire tchadiens avec ses avions etc.
 
La réponse de tous ces services de l’Etat tchadien et de l’ASECNA est unanimement la même : un NON catégorique. Ni Arche de Zoé ni Children Rescue ne sont autorisées et/ou enregistrées nulle part. La lettre manuscrite de 16 pages qu’Eric Breteau a lue devant la Cour Criminelle n’est que pur tissu de mensonges très habilement montés pour le besoin de sa propre cause.
 
Aussi, faut-il rappeler que le Doyen des Juges d’Instruction et le Substitut du Procureur de la République affirment sur procès-verbal de Maître Kannoné Pambro qu’ils n’ont jamais été réquisitionnés pour siéger ce dimanche, jour non ouvrable. Si le gouvernement réquisitionne les Juges en grève régulière pour les obliger à travailler, pourquoi ne réquisitionnerait-il pas ces mêmes Juges pour les faire travailler le dimanche,  jour non ouvrable qui, du reste, est réglementé par les lois et règlements de la République. Le défaut de cette réquisition entraîne la nullité des actes desdits Juges.
 
Bien plus grave, l’ASECNA dit que l’avion de type Boeing 757 immatriculé TFIZ, indicatif d’appel GJ7444P, qui a atterri à N’Djaména, le 24 octobre à 16 heures 10 minutes GMT, a ainsi une immatriculation différente de celui immatriculé ECJTN, qui a atterri à Abéché, le 25 octobre 2007 à 05 heures 32, pour embarquer clandestinement les 130 enfants. Quand celui-ci amorce son atterrissage à l’aéroport d’Abéché, à 05 heures 34 minutes, à notre humble avis, l’autre décolle de N’Djaména pour disparaître dans la nature. Sinon comment un profane comme nous peut-il comprendre qu’un seul et même avion ait deux immatriculations différentes dans le même pays ?
 
En tout cas, seule la présidence de la République n’a pas été auditionnée par Maître Kannoné Pambro, et pour cause.
 
En dépit de la question précise très que le Lieutenant de police, Commandant de Police en service à la Brigade de protection des mineurs a posé, le 10 août 2007 soit trois mois plus tôt, à Eric Breteau selon laquelle son opération est illégale, ce dernier est quand même venu dans des conditions que l’on sait pour tenter de voler 103 enfants tchadiens (cf. procès-verbal d’audition établi par la brigade des mineurs à Paris). Où se situe la complicité qui a permis à Breteau d’opérer en toute illégalité ce vol d’enfants ? Qui sont ses commanditaires et où se trouvent-ils ? A Paris et/ou à N’Djaména ? Que sont devenus les enfants enlevés derrière les moutons aux alentours des villages dont les parents n’ont pas retrouvé jusqu’à date à l’exemple de Khadîdja Djibrine Mahamat âgée de 7 ans environ et son frère cadet Oumar Djibrine Mahamat âgé d’environ quatre ans, fille et fils de Djibrine Mahamat Chabaka et de Hawa Issa, habitant à Farchana ?
 
3)- Le Doyen des Juges d’instruction, coupable de déni de justice
 
L’acharnement téléphonique et les pressions de M. Nicolas Sarkozy sur M. Idriss Déby et partant sur les Juges, son arrivée à N’Djaména, sa volonté à vouloir ramener avec lui tous les prévenus y compris Eric Breteau et ses coaccusés et surtout sa déclaration selon laquelle, il reviendra chercher les Breteau «quoi qu’ils aient fait » ont provoqué des réactions tantôt violentes, tantôt pacifiques des Tchadiens. Même, les magistrats ont manifesté publiquement pour protester contre les pressions sur eux.
 
En ce qui nous concerne, le 5 novembre 2008, nous avons porté plainte n°003/FORELLI/P/07 avec constitution de partie civile devant le Doyen des Juges d’Instruction ayant la charge de l’instruction. Cette lettre est enregistrée le même jour au cabinet d’icelui sous le numéro 64. Puis, le 12 novembre 2007, nous lui avons adressé une autre lettre n°004/FORELLI/P/07 pour élire domicile au siège du Tribunal de Première Instance de N’Djaména pour ne pas lui donner une occasion de déclarer notre constitution irrecevable pour défaut de siège prévu par le code de procédure pénale en son article 1992.Cette lettre est également enregistrée, le même jour, sous le numéro 88. A cette dernière lettre, nous avons pris le soin de joindre l’autorisation de notre fonctionnement et nos statuts.
 
Le 19 novembre 2007, alors que le Juge d’Instruction se rendait sur les lieux du crime à Abéché, il prend une ordonnance de non informer n°RI. 52/07 RP. 1065, pour déclarer irrecevable notre constitution, ordonnance, qui devait nous être notifiée par le planton. Heureusement, le départ étant annulé nous l’avons coincé au bureau et c’est ainsi qu’il nous a fait notifier par sa greffière par avis d’appel du 19 novembre 2007. Ce qui nous a permis de relever appel séance tenante.
 
Les 8 et 9 décembre 2007, nous sommes revenu le voir parce que des rumeurs font état de son  refus de transmettre notre appel comme pièce de procédure au Président de la Chambre d’Accusation.
 
C’est ainsi que, le 10 décembre 2007, sous notre pression, il a décidé de transmettre le dossier au Service des Actes pour demander l’acte d’appel. Le même jour, cet acte d’appel a été rédigé, signé par Maître Abba Djabour, Greffier en Chef  du Tribunal de Première Instance de N’Djaména et transmis au Doyen des Juges d’Instruction (Premier Cabinet), qui ferme la porte de son bureau durant plusieurs jours, sous divers prétextes qui ne résistent pas à l’analyse. Le Doyen des Juges d’Instruction sait très bien que nous avons auparavant porté plusieurs dizaines de plaintes en pénale contre des personnes ayant commis les mêmes crimes, devant la Cour suprême, la Cour d’Appel, les Tribunaux de Première Instance de N’Djaména et de Moundou.
 
Le 11 décembre 2007, pour attirer leur attention sur notre appel retenu délibérément par le Juge d’Instruction (Premier Cabinet), nous avons adressé au Président de la Chambre d’Accusation par l’intermédiaire du Président de la Cour d’Appel et au Procureur Général, une lettre à laquelle nous avons joint notre règlement intérieur et la jurisprudence établie par l’arrêt/FAR n°17/95 du 3 avril 1995 de la Cour d’Appel de N’Djaména pour prouver que celle-ci nous reconnaît l’intérêt et la qualité pour ester en justice contre Arche de Zoé, Eric Breteau et consorts. D’ailleurs, nous nous apprêtons à produire les procurations que certains parents d’enfants volés nous ont données pour appuyer notre argumentation devant la Chambre d’Accusation. Faut-il rappeler que de plus, le Procureur Général transmet la copie de notre lettre au Président de la Cour d’Appel, lettre restée bloquée dans son bureau comme celle que nous lui avons adressée directement. Ces lettres ne sont pas transmises au Président de la Chambre d’Accusation, jusqu’au 17 décembre 2007, date à laquelle, en ma présence, son Greffier en chef les sort de son parapheur pour les lui montrer qu’elles n’ont jamais quitté son bureau. C’est alors qu’il ordonne la transmission de notre lettre au Président de la Chambre d’accusation qui décide d’aller le voir en ma présence. «Ecrivez à M. Yorongar pour lui dire que le dossier de procédure ne contient pas son appel et que c’est trop tard…» lui a-t-il dit en réponse à la question précise que lui a posée ce dernier : «Que dois-je faire, d’autant plus que l’arrêt de renvoi est déjà prise le 12 décembre 2007… ?».  
 
Rappelons que c’est dans ces conditions de blocage de notre appel, que, le 12 décembre 2007, la Chambre d’Accusation statue sur la procédure, balaie d’un revers de la main les observations des avocats selon lesquelles leurs appels restent en souffrance dans le bureau du Doyen des Juges d’Instruction (Première Cabinet). Elle prend l’arrêt n°Rép.67/07 pour renvoyer les prévenus devant la Cour Criminelle.
 
Devant cette impasse, le 17 décembre 2007, nous avons adressé une lettre au Président de la Chambre d’Accusation pour attirer son attention sur notre appel retenu volontairement par le Doyen des Juges d’Instruction pour nous empêcher d’être partie prenante au procès.
 
La suite est connue : le verdict d’hier prononcé par lequel la Cour Criminelle contre les huit prévenus et 2 acquittés.
 
La procédure d’extradition suivra le même marathon. Peut-être ce week-end même. Mais, suivant quel accord en matière judiciaire, puisque, celui de 1976 interdit formellement le «transfèrement» des Breteau et consorts en France?
 
De tout ce qui précède, force est de constater qu’Eric Breteau, ses complices à tous les niveaux et ses commanditaires roulent dans la farine les parents des enfants volés grâce à des malices astucieusement montées, humilient le Tchad tout entier, les Tchadiens dans leur ensemble, la justice tchadienne, manipulent les médias et l’opinion internationaux (à suivre).
 
Le Député Ngarlejy YORONGAR,
Auteur du livre: Tchad, le procès d'Idriss Déby, témoignage à charge, Editions L'Harmattan, 2003.
Coordinateur Exécutif Fédéral de FAR/PARTI FEDERATION; BP 4197 N'Djaména et Président de la Fondation pour le Respect des Lois et Libertés (FORELLI) BP 137 N'Djaména (République du Tchad); Tél. (+235) 629 49 71; (+235) 626 49 71; Mail: yorongarn@yahoo.fr; Website: www.yorongar.com.
 

Arche de Zoé : Les Africains ne laisseront pas écrire cette Histoire avec l'encre du mensonge


Paris, le 27 décembre 2007
Gilbert Léonard

Malgré l'aveu de Éric Breteau lui-même qui déclarait dans le JT de FR3 du 29 octobre 2007 : 'Nous sommes venus ici au Tchad pour aider les enfants Tchadiens, pour aider les enfants Soudanais'.

Après le verdict de l'Arche de Zoé, huit ans contre vingt encourus, Les médias continuent de relayer les images et déclarations d'indignation des condamnés et de leurs familles. Non seulement ils passent sous silence l'aveu de Éric Breteau, mais ils relayent et répètent en boucle le contraire, comme une machine à convaincre, une machine à laver le cerveau, que l'Arche de Zoé s'intéressait aux seuls orphelins Soudanais du Darfour.

Comme l'Histoire de la mise en Esclavage et de la Colonisation des Africains a été écrite par les Colons Esclavagistes, ils y vont à coups de mensonges grotesques tellement ressassés que cela finit par s'ériger en vérité absolue que nul ne peut ou ne doit contester; vouloir rétablir la vérité historique est alors assimilé à du révisionnisme et est considéré comme rancunier et belliqueux; 'il faut savoir oublier le passé pour avancer' devient alors le rempart de ceux qui aiment tant vanter leur passé glorieux.

Mais cette fois, les Africains ont décidé qu'ils ne laisseront pas s'écrire l'Histoire avec l'encre du mensonge. Ils martèleront la vérité: 'Nous sommes venus ici au Tchad pour aider les enfants Tchadiens, pour aider les enfants Soudanais' a dit Éric Breteau.

L'acharnement des médias à relayer les accusations de Éric Breteau qui veut faire porter le chapeau aux intermédiaires Tchadiens et Soudanais, et par extension aux seuls Africains, en dit long sur le 'syndrome du colon' qui veut que ce soit les Africains qui aient vendu les leurs. Car si les Africains avaient une propension à vendre les leurs, pourquoi alors leur avoir menti sur les soi-disant vrais objectifs de l'Arche de Zoé, 'ramener en France des centaines d'orphelins du Darfour dans le cadre d'une grande opération médiatique sur le Darfour afin de détourner l'attention du monde d'autres conflits dans le monde', ils n'auraient pas eu de difficultés à 'fournir' des centaines, voire des milliers d'enfants pour un 'marché juteux', et l'Arche de Zoé n'aurait pas eu besoin de revoir à la baisse le nombre d'enfants 'fournis'. Eric Breteau confiait en juillet dernier au journal La Voix du Nord qu'il prévoyait d'évacuer vers la France un millier d'enfants dans l'immédiat avec un objectif à terme de 10 000 enfants. Nous savons aujourd'hui qu'il n'avait 'que' 103 enfants; a-t-il paniqué à l'idée de devoir faire face à un échec ? Quels engagements avait il pris auprès de ses commanditaires ? Est-ce là l'origine du dérapage ?

Ce qui est certain aujourd'hui, c'est qu'en instrumentalisant la crise du Darfour, l'on a voulu encore une fois montrer l'Afrique du doigt pour les crimes entretenus et/ou encouragés par d'autres. On a voulu faire porter le chapeau aux Africains sur le même principe de la période de l'Esclavage et de la Colonisation.
Et cela est inacceptable!

C'est pourquoi, les condamnés doivent purger leur peine au Tchad, sur le Continent Africain.
Pour que cela ne se reproduise plus!

Publicité

Publié dans contemporary africa

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article