De la Françafrique à la Côte d’Ivoire

Publié le par hort

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-de-la-francafrique-a-la-cote-d-ivoire-par-jean-levy-63337000.html

 

De la Françafrique à la Côte d’Ivoire 

 Jean Levy

 

Depuis quelques jours, la classe politique et tous les médias ont l’œil rivé sur la Côte d’Ivoire. Le « méchant », c’est Laurent Gbagbo, l’actuel président. Celui-ci refuse de s’incliner devant le résultat des urnes, tel que l’ont proclamé les « observateurs » des Nations Unies.

La France, l’Union européenne et les Etats-Unis considèrent que leur candidat, Alassane Ouattara, ancien secrétaire –général adjoint du FMI, a remporté les élections. Les dirigeants occidentaux fulminent contre ce qu’ils appellent « un déni de démocratie » commis par Gbagbo, qui conteste le verdict.

Ils menacent celui-ci de sanctions.

 

Certes, nous ne sommes pas en mesure de vérifier si des irrégularités ont entaché les résultats du scrutin, d’un côté comme de l’autre. Car rien n’authentifie les votes massivement recueillis par Alassane Ouattara dans le nord du pays, dominé par les ex- « Françafrique »rebelles, région d’où le pouvoir central, celui de Laurent Gbagbo, est absent.

 

Rappelons que celui-ci avait, jusqu’à présent, les meilleures relations avec les dirigeants des grandes sociétés françaises, avec Vincent Bolloré, en particulier, qui s’était vu adjugé les activités portuaires d’Abidjan.

 

Mais en affaires, le vent tourne avec la concurrence sauvage, que se livrent aujourd’hui les grands pays du monde, et parmi eux, la Chine, de plus en plus présente en Afrique.

La France, l’Union européenne et les Etats-Unis ne l’entendent pas de cette oreille. Ils veulent conserver leur pré carré

La cohorte des Occidentaux exige donc le départ immédiat de Gbagbo.

Parmi les plus acharnés, Nicolas Sarkozy s’en fait le plus virulent promoteur. Au nom de la démocratie, bien entendu. Notre président ne transige pas avec les grands principes : Il se fait le gardien scrupuleux du « libre choix »des électeurs.

Certes, ce qui pour lui est intangible en Côte d’Ivoire, n’est pas forcément valable en d’autres lieux.

Exemple : chacun s’accorde à considérer comme truquées les élections en Tunisie, où Ben Ali, le président obtient près de 100% des suffrages, les opposants étant dispensés de campagne, du fait de leur séjour en prison.

Mais qui a entendu Nicolas Sarkozy menacer Ben Ali de sanctions ?

Les exemples en ce sens sont nombreux. Récemment, le président égyptien a éliminé d’avance toutes les oppositions au Parlement. Qui s’en offusque ? Au mieux, ces pratiques sont du folklore qu’on déplore en souriant. Et ne parlons pas des Etats du Golfe, de l’Arabie saoudite, des Emirats, pour qui le mot « élection » n’a aucun sens.

Va-t-on montrer leurs dirigeants du doigt, et se priver ainsi de leur pétrole ?

Il n’en est pas question.

 

C’est sans parler, non plus, du code électoral en France même : Le charcutage des circonscriptions, découpées sur mesure par le pouvoir, est destiné à assurer au parti arrivé en tête, une représentation surdimensionnée au détriment des autres courants de l’opinion, exclus de toute représentation.

C’et cela la « démocratie » ?

 

Mais il y a mieux, ou pire.

 

Les propos martiaux de Nicolas Sarkozy résonnent alors que la télé, France 2 précisément, vient de diffuser un reportage en deux épisodes sur « La Françafrique *», les réseaux de l’Etat français, qui de de Gaulle à Sarkozy, en passant par Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac, ont mis en coupe réglée l’ancien « empire français », « indépendant » depuis les années 60.

 

Le documentaire, authentifié par les acteurs des multiples subversions, montre comment l’impérialisme français a tout mis en oeuvre, depuis un demi-siècle, pour garder intactes les richesses naturelles des anciennes colonies, leur pétrole, d’abord, mais aussi l’uranium et autres matières premières stratégiques.

 

On y voit les « chefs d’Etat » de l’Afrique noire, pratiquement désignés par les autorités de la métropole, adoubés par tous les présidents de notre république, de droite comme de gauche. Le film fait mention des multiples interventions militaires des forces françaises, contre leurs peuples récalcitrants dans ces pays dits « libres ». Il nous rappelle les massacres de masse des élites africaines, en lutte pour une réelle indépendance, les assassinats d’Etat perpétrés contre leurs leaders, par l’ancienne puissance colonisatrice. Le gouvernement français va jusqu’à commanditer une sécession dans une province du Nigeria, riche en pétrole, le Biafra, armant et formant ses combattants. On connaît le prix de cette sanglante aventure : un million de morts dans cette guerre civile déclenchée par la France. Et le documentaire ajoute que les agresseurs, pour justifier leur forfait et le « vendre » à l’opinion publique, qualifièrent le conflit ainsi provoqué de l’extérieur, de « génocide du peuple biafrais » auquel, bien sûr,  « il fallait humainement répliquer» !

 

La formule a, depuis, été largement reprise.

 

Aujourd’hui, l’Afrique noire et ses richesses sont devenues un enjeu mondial. La concurrence entre Etats, conduit les potentats locaux, les Bongo père et fils, les N’Guesso, les dirigeants du Niger et, peut-être, en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo lui-même, à être « plus exigeants » vis-à-vis de la métropole. La concurrence est dure. Aussi, chaque Etat, alléché par ces pays de Cocagne, place ses pions et protège ses agents aux plus hautes places du pouvoir « africain ». Il s’ensuit des conflits, souvent sanglants, qualifiés « d’ethniques », entre les factions concurrentes.

 

Faut-il y voir autre chose, aujourd’hui, à Abidjan ?

 

NOTE

  • *« Françafrique », un documentaire de Patrick Benquet, projeté les 9 et 16 décembre 2010, par France 2, et ainsi résumé par Télérama :

 

  • « Tonitruante enquête sur la Françafrique, bâtie autour du témoignage de l’ex-ambassadeur de France au Gabon.

  • Le premier volet décrypte les mécaniques occultes, les assassinats d’opposants, les raisons des coups d’Etat et les barbouzeries.

  • Le second volet poursuit cette expertise explosive des rapports de force entre chefs d’Etats français et africains, il suffit de pister le trajet du pétrole, principal carburant, des coups tordus et des financements occultes de campagnes politiques. Attention ça tache. »

  •  

  • Avec, en toile de fond, toujours présente durant ces dernières décennies, la Compagnie Elf, machine de guerre du pouvoir en place, quel que soit ce pouvoir, dispensatrice des moyens finançant la grande filouterie politique en Afrique, mais aussi en France

 

 

http://lenouveaucourrier.ivoire-blog.com/archive/2010/12/20/la-desoccidentalisation-du-monde.html

La désoccidentalisation du monde

Silvie Kouumé

20 Décembre 2010

 

 

On peut choisir de regarder la crise ivoirienne à travers les lunettes déformantes de la majorité des médias internationaux, qui ont choisi de raconter une histoire simpliste et manichéenne. En gros, il s’agit d’un pays où un roi nègre s’accroche au pouvoir. Alors qu’il a perdu des élections transparentes et validées par une «communauté internationale» forcément honnête, vertueuse et mue par sa mission civilisatrice et «démocratisante». Non violent, porteur d’espoir, son adversaire a appelé «le peuple» à descendre pacifiquement dans la rue, mais la soldatesque aux ordres du président sortant a sévi. Depuis, les puissances occidentales essaient de faire prévaloir les valeurs universelles…

 

Cette belle fable ne résiste ni à la réalité ivoirienne, bien plus complexe, ni à la froide logique de la diplomatie internationale. Le processus qui a amené l’Occident à imposer la thèse «Ouattara vainqueur» n’est ni légal ni légitime. Ce n’est pas la Commission électorale indépendante (CEI) qui a diffusé des résultats provisoires en sa faveur ; mais seulement son président, membre du RHDP, au sein du QG de campagne de Ouattara. Les fraudes dont le camp Gbagbo parle, et qu’on tente de rendre inaudibles par un tintamarre de «certifications » d’organisations internationales et d’ONG toutes abreuvées à la même source, sont avérées. Elles se voient sur des milliers de procès-verbaux irréguliers qui, dans un dialogue contradictoire, ne pourraient pas être rejetées d’un simple revers de la main agacé. Elles ont eu lieu dans une partie de la Côte d’Ivoire vivant sous la férule moyenâgeuse de seigneurs de la guerre voués à ADO, le champion d’une cause qu’ils considèrent comme celle du Nord.

La « démocratie médiatique », nouvelles arme d’intervention de l’Occident

Ceux qui s’intéressent à l’actualité internationale de manière continue ne croiront jamais que Paris et Washington se battent à Abidjan pour le triomphe d’un quelconque absolu démocratique.

Les exemples sont nombreux qui tendent à prouver que les pays occidentaux ont une compréhension sélective et manipulatoire de la démocratie, qui ne tient que dans la mesure où elle concourt à leurs intérêts. Ainsi, quand les Palestiniens choisissent de voter pour le Hamas, parti islamiste honni par les puissances riches, ils sont punis.

Les «élus du peuple» ne sont pas reconnus par la «communauté internationale», qui refuse de s’asseoir à la même table qu’eux. Quand Hugo Chavez (Venezuela) ou Mahmoud Ahmadinejad (Iran) sont déclarés vainqueurs des élections chez eux, les arbitres des élégances démocratiques occidentaux, relayés par des médias puissants, crient à la fraude et mettent leurs canaux et outils à la disposition des opposants – qu’ils aient, dans le fond, raison ou non. En revanche, les puissances occidentales ont fermé les yeux sur les récentes fraudes électorales au Gabon, malgré les preuves qu’elles détiennent (cf. les révélations du documentaire de Patrick Benquet sur la Françafrique). Elles sanctifient les pétromonarchies du Golfe et les passations de pouvoir héréditaires en Françafrique, comme elles ont installé des dictateurs à la place de progressistes par le passé au Chili (pour Pinochet contre Allende) ou en République démocratique du Congo (Mobutu pour contrer Lumumba). Rien de nouveau sous le soleil…

La «démocratie médiatique» instrumentalise au-delà du raisonnable les droits de l’homme et les organisations qui les défendent – pour les assécher et les délégitimer, à terme, auprès d’une grande partie de l’opinion publique mondiale, qui n’est pas dupe. Financées à grands frais par des fondations et des Etats qui ont des intérêts à défendre, les grandes ONG de défense des droits de l’homme trient les morts, pour extraire des décombres ceux qui vont dans le sens de leur démonstration. La Cour pénale internationale (CPI) devient un épouvantail destiné uniquement à causer des frayeurs aux Africains. Arnaud Montebourg a déjà demandé que Gbagbo soit traîné devant la CPI pour des violences déclenchées par Ouattara et qui ont fait 50 morts. Qui poursuivra Bush ou Obama devant la CPI pour les milliers de civils tués en Irak ou en Afghanistan ? Qui poursuivra les rebelles ivoiriens pour les 5000 morts de la guerre civile qu’ils ont lancée? Qui poursuivra Chirac pour les meurtres d’Ivoiriens devant l’Hôtel Ivoire ? Silence… ces morts-là ne sont pas du bon côté. Celui des alliés de l’Occident.

Une nouvelle guerre froide de nature économique ?

Un des phénomènes intéressants à observer au point de vue diplomatique est la convergence de vues frappante et mise en évidence entre la France, soutenue par l’Union européenne, et les Etats-Unis sur le dossier ivoirien. C’est un phénomène nouveau : lors des derniers épisodes de notre crise qui ne veut pas mourir, les Etats-Unis regardaient la France s’embourber dans son «petit Irak» de façon goguenarde et se moquaient en douce de son allié infidèle. L’administration Bush avait même empêché bruyamment la France de «suspendre» le Parlement ivoirien en 2006, durant la période de gloire des proconsuls du Groupe de travail international (GTI).

De l’eau a coulé sous les ponts. Aux Etats-Unis, les conservateurs qui avaient une dent contre la France sont partis, laissant la place aux démocrates, bien disposés en faveur de l’ONU et de la «cogestion de l’impérialisme». Ils n’ont de toute façon pas le choix : affaiblie sur les fronts ouverts imprudemment, Washington a besoin de son allié français, qui soutient l’effort de guerre en Afghanistan. En France, Sarkozy l’atlantiste a succédé à Chirac le gaulliste, et procède à des échanges de bons procédés avec l’oncle Sam.

Mais il y a plus important : les Occidentaux, tous les Occidentaux, se sentent affaiblis. Ils n’ont plus le monopole de la technologie, leur population est vieillissante et endettée, et ils voient les Asiatiques et les pays émergents, plus économes, partir avec plus de moyens à la conquête des matières premières stratégiques de l’Afrique. Il faut se mettre ensemble pour barrer la route aux Chinois ! Les «fuites» de télégrammes diplomatiques orchestrées par Wikileaks tombent à point nommé pour mieux comprendre la donne ivoirienne. «Les Français accueillent favorablement l'extension de la présence américaine en Afrique comme moyen de contrebalancer l’expansion régionale de la Chine», peut-on lire sur une note. La nouvelle politique française «peut donner aux Etats-Unis des occasions d’étendre leur influence en Afrique sans rencontrer de résistance», note un télégramme. La France est désormais considérée comme «un de nos plus puissants alliés en Afrique», ajoute un mémo de l’ambassade américaine à Paris, destiné à Hillary Clinton. Paris faisait le gendarme en Afrique hier contre le péril communiste. Désormais, ses forces armées aident à la préservation des intérêts de l’Occident. Le temps de la concurrence d’après la chute du mur de Berlin, qui s’est exprimée avec férocité au Rwanda (Kagame avec les Américains, Habyarimana avec les Français) est passé. La nouvelle guerre froide qui oppose la vieille aristocratie aux puissances émergentes en Afrique est aujourd’hui d’abord et avant tout économique. Mais à militariser la planète, d’Irak en RDC en passant par la Côte d’Ivoire, l’Occident s’épuise, perd la bataille des cœurs et des esprits ; pendant que ses adversaires ne font que du business et gagnent du terrain chaque jour, surfant sur le rejet de l’arrogance d’une coterie internationale hypocrite et donneuse de leçons. La désoccidentalisation du monde, prophétisée par l’essayiste français Hakim El Karoui, a commencé.

 

 

BLANCHIMENT D’ARGENT : LE CAS DU COUPLE ALASSANE OUATTARA

LES ENTREPRISES ÉCRANS

Mdi Panafricain,

samedi 4 décembre 2010

Il faut noter également que Aici.Sa de Madame Ouattara est propriétaire à 100% de la Sarl Malesherbes Gestion, au capital de 1 million FF, soit 100 millions Fcfa, et dont le siège est situé à 3 rue Mérimée Paris 16e. Cette société spécialisée dans la gestion d'immeubles résidentiels emploie une vingtaine de personnes avec des chiffres d'affaires largement supérieurs à ceux de Aici.Sa sur la même période de 1995 à 1998. Respectivement, on a 652,8 milliards Fcfa en 1995 ; 726,3 en 1996 ; 709,5 en 1997 et 812,6 milliards Fcfa en 1998. Madame Ouattara dont les biens se confondent ainsi à plusieurs niveaux avec ceux de son époux est aussi propriétaire de Radio Nostalgie Afrique dont le siège est basé 22, rue Boileau Paris 16e, avec un capital de 2.500.000 FF, soit 250 millions Fcfa. De cette entreprise dont Ahmed Bakayoko, actuel ministre des Nouvelles technologies de la communication sous la bannière du Rdr de Dramane Ouattara, est l'un des administrateurs, découle Radio Nostalgie Côte d'Ivoire. Notons que cette radio, dans sa volonté de défendre la cause de l'homme politique, a souvent eu maille à partir avec les populations abidjanaises. En outre, madame Ouattara est titulaire de franchises Jacques Dessanges, des espaces très fréquentés, aux Etats-Unis et particulièrement à New York. Ces quelques structures qui ont été repérées, exerçant dans les secteurs les plus divers et ayant un lien direct ou indirect avec les Ouattara, leur permettent de blanchir des fonds provenant de pratiques illicites. Dans le même but, Dominique Nouvian a eu la géniale idée de créer l'association  « Children of Africa » dont le siège est à New York avec des bureaux à Paris, dans les locaux de Aici.Sa et à Abidjan. Cette structure humanitaire est un maillon essentiel dans le procédé assez complexe pour faire circuler, loin de tout soupçon, l'argent sale. Fait remarquable, indique le document des renseignements généraux français, c'est Dramane Ouattara en personne qui est le représentant légal de  « Children of Africa » en France. Et comme par hasard ( ?) le compte principal de l'Ong est logé à la City Bank de New York. Dans l'impossibilité de trouver des éléments de réponse à certaines questions relatives aux ramifications entre Aici.Sa, Children of Africa et l'homme politique ivoirien, la Dgse aurait décidé de poursuivre les investigations dans ce sens. Afin de mettre au grand jour les pratiques par lesquelles des fonds devant alimenter les caisses de l'Etat français lui échappent, par le bien de l'Ong.

 UN ISRAÉLIEN COMME HOMME LIGE

Renseignés sur le fonctionnement des paradis fiscaux et judiciaires, dotés de systèmes très complexes qui ont pour but d'empêcher la localisation de fonds d'origine illicites, les agents des services secrets français ont passé au peigne fin les opérations menées sur les différents comptes dont l'existence a été révélée. Mais aussi toutes les actions menées sur des comptes soupçonnés d'avoir un lien direct ou indirect avec les Ouattara. Ils ont fini par se rendre compte, souligne une source, que Ouattara s'est offert les services d'un Israélien rompu aux arcanes de la haute finance. Du nom de Midale Simon, ce proche du couple, expert comptable ou avocat de formation, largement rémunéré pour ses services, est le patron visible de l'empire financier frauduleux des Ouattara. Toujours entre deux avions, il est soit en déplacement pour exécuter les ordres de son employeur et séjourne régulièrement à Abidjan, Genève, Tel Aviv (Israël), dans les îles Caraïbes, dans les îles anglaises et aux Etats-Unis. L'Elysée et Matignon en sont persuadés, Midale Simon est le gestionnaire des avoirs de Alassane Ouattara dans les paradis fiscaux. Très discrets, les renseignements de l'Hexagone notent que l'homme a le profil de l'emploi et joue bien son rôle en tant que prête, nom. Mais pendant combien de temps encore Ouattara pourra-t-il continuer de se cacher derrière ses sociétés écrans et autres prête-noms pour continuer de ne pas payer des impôts au fisc français ?

 TROIS MOIS AVANT LE COUP D’ÉTAT DE 1999

 Néanmoins, des indices existent, qui permettent d'établir un lien entre la fermeture du compte de Ouattara en France, le transfert de ses fonds dans les paradis fiscaux où la confidentialité sur les mouvements financiers est très rigide, et les événements marquants de la Côte d'Ivoire post Houphouët-Boigny. En octobre 1999, la guerre ouverte entre les héritiers Bédié et Ouattara atteint son point culminant. En effet, courant juillet 1995, l'ancien premier ministre décide de quitter son poste de directeur général adjoint du Fonds monétaire international (Fmi). Il annonce son retour en Côte d'Ivoire où il compte disputer à Henri Konan Bédié le fauteuil présidentiel qu'il n'avait pu accaparer par la force à la mort de Houphouët-Boigny. Il s'en suit un mandat d'arrêt lancé contre lui par le pouvoir en place, pour  « faux sur l'identité et usage de faux documents administratifs ». Ouattara qui avait certainement mûri son idée avant d'annoncer son départ du Fmi ne se laissera pas pour autant intimider, lançant à maintes reprises des menaces à peine voilées à celui qui est aujourd'hui son allié dans le cadre du Rhdp. « Lorsque je déciderai de frapper ce pouvoir, il tombera », ne cessait-il de répéter. Le 24 décembre 1999, c'est chose faite. Bédié est renversé par le général Guéi et Ouattara se fait présenter comme étant le nouveau président de la République de Côte d'Ivoire dans l'avion qui le ramène de Paris où il vivait en exil. Les mois qui suivent, les Ivoiriens finiront par se rendre à l'évidence qu'il était le véritable commanditaire de « La révolution des œillets » version ivoirienne. Le choix des paradis fiscaux pour loger ses avoirs en France dès octobre 1999, soit moins de trois mois avant l'entrée en scène du général Guéi et ses jeunes gens, n'était donc pas fortuit. Les renseignements généraux français qui avaient choisi jusque-là de fermer l'œil sur les activités des Ouattara indiquent même clairement dans leur rapport que ce sont ces fonds qui ont servi à fomenter le coup d'Etat. Et au- delà, la quasi-totalité des actes attentatoires à la sûreté de l'Etat, particulièrement le coup d'Etat manqué de septembre 2002 qui a engendré la rébellion. Avec le soutien de la France alors dirigée par Chirac qui vouait une haine viscérale à Laurent Gbagbo.

ENRICHISSEMENT ILLICITE!

Une manne, nous l'avons souligné, constituée parfois dans des conditions irrégulières et gardée dans les paradis fiscaux à travers le monde. Son passage à la tête du gouvernement entre 1990 et 1993 avait été déterminant pour l'ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) qui profitera de la maladie du président Houphouët-Boigny pour pomper les caisses de l'Etat. Premier ministre et ministre de l'Economie et des Finances, les recettes des différentes régies financières, y compris le trésor public, convergeaient vers la Primature où le seul maître à bord du navire Ivoire à cette époque, se servait à sa guise. Lui seul avait la maîtrise du mécanisme mis en place pour la gestion de ces ressources. Une bonne partie de cet argent échappera totalement à l'Etat, transportée en Europe de façon régulière par l'ancien premier ministre. Le prétexte était tout trouvé : l'hospitalisation du chef de l'Etat agonisant dans les hôpitaux français, puis en Suisse. Les fréquentes visites à son chevet permettront, en tout cas, à Ouattara de disposer dans des comptes ouverts dans les banques européennes des centaines de milliards. Il avait pourtant été appelé à la rescousse par le vieux pour assainir les caisses de l'Etat. Tous ces fonds ont été convoyés, nous le signifions, hors du pays et placés dans les paradis fiscaux. Avec les investigations menées par les renseignements français au sujet des Ouattara, on peut le dire, le voile se lève progressivement sur les origines des fonds dont Ouattara se sert pour mettre sans cesse à mal la sûreté de l'Etat ivoirien depuis plus d'une décennie. Il se bat bec et ongles pour s'installer au palais présidentiel du Plateau. N'hésitant pas à combattre une rébellion qu'il a lui-même élevée contre la République.

POURQUOI MAINTENANT?

La célérité avec laquelle une enquête a été commanditée par le président français au sujet de Ouattara et son épouse soulève des interrogations. Surtout que Nicolas Sarkozy fut le témoin de mariage de Dramane Ouattara avec qui il a beaucoup d'amis en commun. A son arrivée à l'Elysée, le président du Rdr et le Rhdp avaient jubilé, voyant en Sarko celui qui viendrait parachever l'œuvre de Chirac. Tout est parti du fait que l'opposant politique échappe aux fichiers des services des impôts de la France dont il se targue d'être un allié. C'est donc pour avoir le cœur net sur cette question, au moment où les élections approchent à grands pas en Côte d'Ivoire, que le président français instruit les services de renseignements français. Une tâche qui ne sera pas au-dessus des moyens des services secrets français qui avaient déjà mené pareille investigation sur Ouattara, du temps de la transition militaire du général Guéi Robert. Le dossier avait été déposé en son temps sur la table de Jacques Chirac qui avait préféré le mettre dans le fond de son tiroir. Il est remis au goût du jour. Avec de nouvelles annotations qui tiennent compte de la réalité du moment. Et dont le contenu est clair sur le clair- obscur qui entoure les relations que Ouattara entretient avec la France. Sous le prétexte des visites donc au Bélier de Yamoussoukro dont l'état de santé préoccupait la nation tout entière, Ouattara fera sortir du pays des fonds énormes. Sans avoir à rendre compte à qui que ce soit. Chaque semaine, il prenait la destination de l'Europe où il planquera son butin dans les paradis fiscaux. Des personnes qui ont participé à ces opérations de transferts de fonds et que nous avons pu rencontrer dans le cadre de nos investigations sont convaincues que ce sont des centaines de milliards qui ont été ainsi emportés entre 1993 et 1994. Le général Abdoulaye Coulibaly, (né à Adjamé, originaire de Banfora, Burkina, et non de Korhogo, contrairement à un autre Général Coulibaly de Korhogo, issu de la famille Gbon) qui était le pilote d'Houphouët-Boigny, à en croire ces témoins des faits dont certains travaillaient à Codival, est bien placé pour dire la destination de ces fonds. Décembre 1993, Houphouët- Boigny décède ... mais Ouattara peut désormais jouir de la manne importante dont il dispose, logée dans les banques suisses, dans la principauté de Monaco, au Luxembourg... Avec la dévaluation, les montants emportés deviennent deux fois plus importants. Du simple au double. Dans sa tentative de faire main basse sur le pouvoir par tous les moyens, y compris les coups d'Etat, il n'hésitera pas à s'en servir. En dehors des fonds emportés des caisses de l'Etat, qui ont permis à Alassane Ouattara d'ouvrir des comptes dans les paradis fiscaux, Ouattara dispose de biens immobiliers et autres à travers le monde. Des biens acquis pour la plupart avec l'argent volé dans les caisses de l'Etat. Avec le concours de Mme Dominique Nouvian Folleroux, la patronne de l'Agence internationale de la commercialisation immobilière (Aici) qui deviendra plus tard son épouse, de nombreuses réalisations du patrimoine de l'Etat passeront aux mains de Ouattara. Contre un franc symbolique ou moyennant des sommes en deçà de la valeur des biens ainsi frauduleusement acquis". Exemple : leur appartement du boulevard Suchet à Paris appartenait à Houphouët.  « Hors de la Côte d'Ivoire, il faut dire que le leader du Rdr a acheté à des millions de dollars en Haiti une vaste plantation de canne à sucre. Cela, sur conseil de son parrain, feu Grégoire Yacé Philippe. Aussi possède-t-il des bateaux commerciaux qu'il s'est offert après son départ de la primature, qui lui rapportent énormément. Au Burkina Faso, il détient une cimenterie rachetée et qui n'est pas le seul bien à son actif dans ce pays. Mais c'est au pays d'El Hadj Oumar Bongo que se concentrent la plupart de ses biens. Un parc maritime et des biens de natures diverses à son nom sont dans ce pays de l'Afrique centrale où l'ex-chef de l'Etat Omar Bongo qui se présentait comme son parrain lui faisait de nombreuses faveurs.

Par ailleurs, le fonctionnaire international qui a des liens solides dans le milieu de la haute finance depuis Dakar, se livre au blanchiment d'argent. Ayant une parfaite maîtrise des flux financiers à travers le monde, l'ancien premier ministre se sert de structures écrans pour se livrer à des activités pour le moins répréhensibles. Ainsi, derrière les actions de haute portée humanitaire dont l'Ong Children's of Africa, qui est une propriété de son épouse peut se vanter, circule de l'argent sale. Le circuit que suit ce réseau est tellement complexe et bien pensé qu'il serait impossible à n'importe quel spécialiste de la lutte contre le blanchiment d'argent d'épingler l'Ong. De nombreuses sociétés exerçant dans les secteurs les plus divers, donc beaucoup d'affaires et de sous, se cachent en tout cas derrière le choix des Ouattara de s'adonner à une activité humanitaire. Outre Children's of Africa, il y a Jacques Desange. Et une autre structure comme l'International institute for Africa (Iia) basée à Washington, avec délusion entre Ouattara et cette société. Elle a été mise sur pied depuis son passage à la Primature et a pour mission essentielle de financer de façon subtile les activités subversives du leader politique et de faire du lobbying à son profit dans certains cercles. Mais bien entendu, cette structure de droit américain tire ses revenus du recyclage de l'argent sale en provenance de pays sous embargo. A l'image du Liberia et de la Sierra Leone où la vente de diamant et d'or a été longtemps interdite par le conseil de sécurité de l'Onu. Au pays où il a vécu de longues années en tant qu'étudiant puis directeur général adjoint du Fmi, il a pu intégrer les réseaux mafieux de vente d'armes et c'est par des sociétés écran telles l'International institute for Africa (Iia) qu'il a armé sans discontinuer les auteurs des coups d'Etat à répétition qui déboucheront sur une rébellion après un énième échec en septembre 2002." Le président du Rdr dispose de plusieurs comptes dans les paradis fiscaux et des pays comme la France et les Etats-Unis où il a des intérêts. En Suisse et à Luxembourg particulièrement, on dénombre au total six comptes où s'effectuent des opérations de diverses natures. Selon qu'il s'agisse d'une activité lucrative ou d'une autre se rapportant à ses activités politiques ou subversives. Dans ce dernier cas, c'est l'International institute for Africa (Iia) qui est actionnée. Cette structure qui est sa propriété comme nous l'avons déjà indiqué plus haut, détient un compte à la Dexia Banque internationale à Luxembourg sise à 69 rue d'Esch, L-2953 Luxembourg. « Dexia Banque internationale à Luxembourg est une banque à vocation résolument européenne. Le compte de Alassane Dramane Ouattara dans cette banque date de juillet 1999. Et le fait qu'il porte le nom de la société de droit américain ne doit pas étonner car il s'agit d'une société écran. Le vrai propriétaire du compte est bel et bien Alassane Ouattara comme ont pu le confirmer des hauts cadres de l'établissement bancaire qui ont requis l'anonymat pour des raisons de confidentialité. A en juger par sa date de création, on se rend bien compte que c'est au moment où il démissionnait de son poste de directeur général adjoint du Fmi. Il annonça dans la même période son désir de rentrer en Côte d'Ivoire pour y prendre part à la vie politique. Surtout, il envisageait de se présenter à la présidentielle. Quelques mois après, soit en décembre 1999, alors qu'il venait de dire publiquement qu'il allait attenter à la sûreté de l'Etat, une banale mutinerie emportera le pouvoir Bédié ».

 

 

 

Publié dans geostrategy

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article