Blanchissez moi tous ces negres

Publié le par hort

La mort de Michael Jackson qui blanchissait sa peau  doit être prise comme un exemple à ne pas adopter. Le lavage de cerveau de Michael a été si réussi que Michael a même adopter trois enfants blancs qu’il a fait passé pour les siens. Hort

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 Blanchissez moi tous ces negres

Serge Bile

11/2/5010

 

L’intérêt du débat, suscité par la tribune libre que j’ai publiée, hier, ici, sur le film "L’Autre Dumas", me pousse à partager avec vous un petit bout de mon prochain livre "Blanchissez moi tous ces nègres" qui sort en mars. J’y aborde justement la question du blanchiment iconographique des Noirs mis en ouevre d’abord par l’Eglise catholique puis par les publicitaires occidentaux qui s'employèrent, dès le 18è siècle, à vanter des produits prétendument blanchissants pour les "nègres" dont ils jugeaient la peau et l’âme trop "sales". Extrait :

... Les publicitaires français n’étaient pas les seuls à surfer sur cette vague, qui exploitait à fond les stéréotypes sur les Noirs, colportés par les premiers explorateurs européens, pour qui, ils étaient, au mieux, des "sauvages", et au pire, des "monstres".

En Suisse, la Savonnerie nationale de Genève réalisa, vers 1900, une affiche montrant un grand gaillard noir, en train d’exhiber fièrement ses mains devenues toutes blanches, après avoir été trempées dans un bac de lessive.

En Allemagne, la marque Steckenpferd Lilien Milch Seife vantait, pour sa part, les propriétés miraculeuses de ses produits, en ridiculisant un groupe de guerriers africains, armés de sagaies et presque nus. On les voit, alors qu’ils sont encore tout noirs, en extase devant un morceau de savon, destiné à les blanchir !

Au Québec, c’étaient les blanchisseries qui se faisaient mousser sur le dos des Noirs, en rappelant, à travers leurs affiches publicitaires, que "blanchir un nègre n'est pas chose facile".

Mais, quel que soit le pays, ces affiches, mettant en scène des nègres blanchis, avaient la même finalité : prouver à bon compte, par ce supposé tour de force, l’efficacité du produit, non sans avoir gommé, au passage, le principal défaut de son prescripteur, sa couleur noire, pour mieux rassurer les consommateurs blancs.

Le procédé n’a hélas pas totalement disparu dans le milieu de la pub. On se souvient de la polémique, provoquée en août 2008, par une campagne pour des produits cosmétiques l’Oréal, dans laquelle la chanteuse africaine américaine, Beyonce, apparaissait étrangement blanchie.

La même mésaventure est arrivée, en politique, à un président de la république colombien. Il s’appelle José Nieto Gil. Son histoire est étonnante !

Nieto Gil a d’abord été député, puis gouverneur, dans un pays où le pouvoir était exclusivement blanc, et les richesses détenues par de puissants industriels, qui méprisaient les Noirs, comme lui, au point d’éviter d’aller "à la plage, de peur que leur peau brunisse."

En 1861, Nieto Gil participe à une coalition qui renverse le gouvernement central, et devient président par accident. "C’est un de ses alliés blancs qui devait être président, mais comme il n'est pas arrivé à temps à l'investiture, Nieto Gil a pris sa place", raconte l’anthropologue Anne-Marie Losonczy.

La surprise passée, reste à faire avaler la pilule aux récalcitrants. L’astuce est vite trouvée. On expédie à Paris l’unique portrait de Nieto Gil, peint quelques mois plus tôt, pour qu’il soit blanchi, avec soin, afin de rendre le nouvel homme fort du pays plus "digne" aux yeux de l'élite blanche de Carthagène.

Ce portrait, retrouvé dans les années 70, par un historien, dans le grenier d'un palais, a été depuis "renoirci". Pour autant, même encore aujourd’hui, en Colombie, Nieto Gil est absent de l'historiographie officielle, et ne figure dans aucun livre d'histoire.

Le cas de Nieto Gil fait penser à la polémique, qui avait accompagné, au dix-huitième siècle, la création d’Othello, la tragédie de Shakespeare.

Les critiques anglais et américains accusèrent l'auteur d'avoir manqué de jugement, pour avoir fait d'un Nègre son héros, et trouvèrent l’idée d’une idylle, entre ce dernier et une belle Vénitienne, "monstrueuse".

Du coup, certains metteurs en scène préférèrent blanchir Othello, en confiant le rôle à un acteur européen, qu’ils ne s’embarrassaient même pas de grimer en noir, contrairement à la plupart de leurs collègues.

Des cas de blanchiment, on en trouve aussi dans l’iconographie religieuse, en particulier chez les catholiques, dont les premiers théologiens défendaient l’idée, selon laquelle les Noirs étaient nés blancs à l’origine, mais qu’ils avaient ensuite, du fait de leurs péchés, changé de "peau", et que seule une vie de piété pouvait leur permettre de retrouver leur couleur initiale.

Partant de là, on a, par exemple, allègrement blanchi, dans les portraits officiels, le tout premier saint noir, Maurice. Egyptien, enrôlé dans l’armée romaine, il avait été exécuté, au 3è siècle, sur ordre de l’empereur Maximien, dans la région suisse du Valais, pour avoir, à la tête d’une légion thébaine, refusé d’écraser une révolte de paysans chrétiens comme lui.

Elevé au rang de martyr, Maurice sera longtemps représenté sous les traits d’un soldat blanc, avant d’être, lui aussi, "renoirci", au treizième siècle, grâce notamment au clergé allemand, qui lui érigea une statue aux accents clairement négroïdes, visible encore aujourd’hui dans la cathédrale de Magdebourg.

 

 

 

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