La plus grande victoire : la prise de conscience des Guadeloupéens

Publié le par hort

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La plus grande victoire : la prise de conscience des Guadeloupéens 
7/09/09

 

Interview de Raymond Gauthiérot à Alternative Libertaire

  Raymond Gauthérot : « Il n’y a pas eu d’intimidations »

La question du pouvoir d’achat se trouvait au cœur de la grève générale déclenchée en janvier. Après plusieurs semaines de lutte, le LKP, cette coalition politico-syndicale emmenée par l’Union générale des travailleurs de Guadeloup (UGTG) a obtenu plusieurs avancées. L’accord Jacques Bino (du nom d’un syndicaliste tué pendant la grève) prévoyait une hausse des salaires. Le patronat n’a accepté ces premières mesures qu’à contre- cœur et les médias se sont plutôt montrés hostiles au LKP. Quatre mois après la fin de la grève générale, Raymond Gauthiérot [1] , ancien secrétaire général de l’UGTG, fait le point sur la situation.

Au cours de la grève, plusieurs médias français ont affirmé que le LKP utilisait des méthodes violentes (intimidation, lien avec les émeutes qui se sont déroulées, etc.) Qu’en est-il réellement ?

Raymond Gauthiérot : Comme vous l’avez dit, ce sont les médias français qui s’évertuaient à faire croire à l’opinion que le LKP recourait à l’intimidation des salariés non-grévistes, pour imposer les fermetures des sites.

La réalité est toute autre. La grève générale du 20 janvier 2009 a été annoncée depuis le 17 décembre 2008. La « profitation » que subit une écrasante majorité des travailleurs en Guadeloupe, depuis des dizaines d’années, a suffi à déterminer des milliers de travailleurs à s’engager dans la grève générale ; il n’a pas été nécessaire d’intimider la minorité des non- grévistes.

Le LKP a fait le choix de la méthode de la marche comme force de grève. Des marches dans les villes de Guadeloupe, cadencées par notre chant, en scandant nos revendications. À la fin de chaque manifestation, les dirigeants du LKP proposent la prochaine manifestation et la ville choisie.

Par ailleurs, il n’y a jamais eu d’« émeutes ». C’est la répression des gendarmes, venus de France, qui a provoqué la réaction du peuple. Sachez que 70% de nos jeunes de 20 à 40ans ont été frappés par le chômage.

Comment envisagez-vous le reste du mouvement syndical anticolonialiste, en France et dans le monde ?

Raymond Gauthiérot : D’un côté, il y a ceux qui gouvernent nos pays (Guyane, Martinique, Réunion, Kanaky, Guadeloupe) avec des élus de tous bords politiques qui profitent du système colonial en contrepartie de leur complicité, et de l’autre côté les travailleurs de ce pays qui réclament justice, droits, de meilleures conditions de vie, une autre société. Notre point commun est l’unité des travailleurs.

J’ajoute que dans l’histoire de notre peuple, et plus récemment dans la vie sociale des travailleurs en lutte, nous avons toujours subi la répression. Depuis une dizaine d’années, l’UGTG bénéficie de la solidarité internationale des syndicats et c’est dans ce contexte international que nous comptons répliquer à la répression anti-syndicale.

Il faut préciser que la plate- forme du LKP est empreinte d’anticolonialisme, mais qu’elle n’est pas indépendantiste pour autant. Dans ces conditions, l’UGTG a-t-elle mise en sommeil l’idée de l’indépendance, ou cette attitude est-elle essentiellement tactique ?

Raymond Gauthiérot : Nous ne répondrons que pour l’UGTG. Depuis la création de l’UGTG, le 2 décembre 1973, nous nous positionnons pour l’indépendance nationale de la Guadeloupe. Il nous reste à préciser, voire à réaffirmer, l’ensemble des revendications de la plate-forme du LKP, qui a été élaborée par quarante-huit organisations syndicales, politiques, associatives et culturelles. Il faut poser les réels problèmes politiques que subissent les travailleurs, et que les institutions, les organismes et les élus chargés de gérer la cité sont incapables de régler.

Dans quelle mesure la grève générale a-t-elle influencée la vie quotidienne et l’état d’esprit des travailleurs guadeloupéens ?

Raymond Gauthiérot : À la date à laquelle nous répondons à votre question, l’accord Jacques Bino est signé dans des centaines d’entreprises et des secteurs d’activités. Plus de dix mille travailleurs en bénéficient. Incontestablement, la plus grande victoire obtenue, à l’issue de ces quarante-quatre jours de grève générale, c’est la prise de conscience des Guadeloupéens que la Guadeloupe est notre pays et que les travailleurs ne devaient plus laisser les profiteurs décider du son devenir. Merci enfin de faire connaître aux lectrices et aux lecteurs d’Alternative libertaire la vérité sur la légitime réaction populaire du « Pèp Gwadloup » !

Propos recueillis par Boris (AL Paris-Sud)

 

Carburants : NON à la hausse dictée par la SARA & Penchard !

 

RDV douvan la préfèkti merkredi 2 sektanm a 3zèd laprémidi !!!

 

Et ceci, alors même qu’un moins d’un an cinq rapports ont tous mis en lumière l’opacité du mécanisme de fixation des prix et l’impéritie - ou plutôt la complicité - des services de l’état, les dérives, vols (enrichissements sans cause) et trafics (Sent lisi apa Sent Lis) en tous genres pratiqués par la SARA !

La dernière charge en date nous vient du parlementaire Louis-Joseph Manscour (Déclaration faite le jeudi 23 juillet 2009 lors de la réunion commune de la commission des affaires économiques et de la commission des Finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire. A l’ordre du jour : Examen du rapport d’information de la mission d’information commune sur le prix des carburants dans les départements d’outre-mer) :

Dans le cadre du pré-rapport des inspections, le secrétaire d’État d’alors, M. Yves Jégo, avait évoqué « l’enrichissement sans cause des compagnies pétrolières », n’excluant pas « des actions judiciaires de l’État contre elles ».

La nouvelle secrétaire d’État à l’outre-mer, Mme Marie-Luce Penchard, a déclaré fort imprudemment, de mon point de vue, envisager une hausse des prix de l’essence, hausse qui pourrait avoisiner les vingt centimes d’euros par litre en Guyane. Pourtant le rapport de la mission des inspections soulignait que « les services de l’État sont incapables de justifier la base de calcul sur laquelle repose l’évaluation des prix ». Cinq mois après, ce constat est toujours valable, et on nous annonce une nouvelle hausse des prix ! La Secrétaire d’État nous informe du lancement d’une campagne d’explication qui suivra cette augmentation des prix. C’est dans l’ordre inverse qu’il faudrait procéder ! Je crains que cela ne nous expose à de nouvelles manifestations de mécontentement.

Pour rétablir la confiance, il est indispensable d’établir la transparence des prix, tout le reste n’est que balivernes. L’État prévoit d’affecter quarante-quatre millions d’euros pour combler le manque à gagner de la SARA, et ce alors même que règne l’opacité sur le mode de formation des prix. Cette contradiction, nos populations ne la comprennent pas. (Source : Assemblée nationale)

Et pour le porte-parole du LKP, Elie DOMOTA, Marie-Luce PENCHARD n’est rien d’autre qu’une « actionnaire de TOTAL » ; en quelque sorte, un supplétif recruté, enrôlé, au pied levé par les békés esclavagistes et la SARA-TOTAL pour faire avaler à ses compatriotes indigènes les mauvais coups de l’état colonial et de sa multinationale mafieuse :

« A ce jour les négociations sont suspendues ; il n’y a aucune réponse. Nous attendons donc des réponses sur un certain nombre de points sur lesquels l’état a pris des engagements. Nous ne comprenons donc pas que Marie-Luce Penchard n’ait encore répondu à aucun des points posés et que la seule chose qui la préoccupe c’est d’augmenter l’essence ! Apparemment, elle est quasiment une actionnaire de TOTAL ! Car Mme Penchard ne travaille nullement pour les guadeloupéens, on ne sait même pas si elle travaille pour la France, mais visiblement, elle roule pour TOTAL !

Il y a une réunion mercredi à 16H00 de L’Observatoire des prix à Basse-Terre. Cet observatoire des prix est quelque chose qui n’existe même plus en France, car ne servant à rien ; dont même le président de la mission parlementaire - M. Patrick Ollier - et Mme Taubira Delanon ont demandé la suppression. Cet Observatoire, qui n’existe curieusement que dans les colonies, ne sert qu’à entériner ce que les compagnies pétrolières ont décidé comme prix ! Le préfet le réunit donc mercredi 2 septembre à la demande cette fois de Mme Penchard alors qu’il ne sert strictement à rien, sinon à valider une bonne fois pour toutes l’augmentation de l’essence au profit de TOTAL.

C’est pourquoi nous lançons un appel à tous les guadeloupéens a vinn pòté fos à Basse-Terre Mercredi après midi à 15H00 devant la préfecture de façon à dire à Man Penchard et au préfet que nous en avons assez de nous faire couillonner ! Et exiger le respect de l’ensemble des points et des engagements du protocole ; notamment la restitution de l’argent volé par la SARA et les compagnies pétrolières, au profit d’un fonds pour la formation des jeunes et pour le transport public en Guadeloupe ! Et dire que nous n’acceptons aucune augmentation de l’essence ! Il est hors de question que Mme Penchard vienne en Guadeloupe pour augmenter l’essence, alors que l’état et la SARA sont incapables de justifier la base de calcul et que plus de 60% du carburant est acheté tout raffiné ! »

Caribcreole.Com

E. Domota: "Nous sommes obligés de descendre dans les rues et ce sera encore mieux que la dernier fois!
Par Audrey Le Quintrec
27/08/09

24 heures avant son grand meeting de rentrée, le LKP prévu ce vendredi. LKP s'est exprimé devant les medias. Elie Domota a répondu aux questions de Caribreole. Il envisage une rentrée qui risque de ne pas être de tout repos.

Elie Domota :Il est hors de questions que ça continue ainsi : augmentation du prix de l’essence et des produits, prélèvement de charges non justifiées,... Nous demandons la remise en cause des accords et notamment l’accord salarial.

 

 


Yo pa enmé  trankilité. Cela veut dire qu’aujourd’hui, nous sommes obligés de descendre dans les rues pour faire respecter les engagements pris et exiger la continuité des négociations. Nous serons tout le temps dans les rues. Ce sera « encore  mieux que la dernière fois ».

CC1 :Etes vous sur que les guadeloupéens sont prêts à vous suivre ?
E. D : De toute façon, il y a suffisamment de problèmes en Guadeloupe... On l’a vu il y a quelques semaines sur France Antilles : la parution d’un sondage complètement bidon. La preuve : une majorité de guadeloupéens déclarent ne pas avoir vu de changements dans leurs situations personnelles. Qu’est ce qu’une situation personnelle ? Est ce que parce que le prix de l’eau a baissé, le prix d’un certain nombre de produits a changé que cela a modifié votre situation personnelle ? Ca ne veut rien dire.


Deuxième interrogation : selon le sondage, seulement 45 % de la population guadeloupéenne est prêté a descendre dans les rues. Quand vous comptabilisez 45 % de guadeloupéens, ca fait 150 000 personnes. Il y a donc 150 000 personnes qui sont prêts à descendre dans les rues maintenant. C’est diabolique ! (Il n’y a jamais eu 150 000 personnes réunies à la fois lors d’une manifestation pendant les 44 jours de grève

 

CC1 ; Dernièrement à l’ANPE, des membres du LKP ont proposé à des chômeurs de se joindre à eux, pourquoi n’ont ils pas voulu ?
E.D : C’est normal, en Guadeloupe, une association de chômeurs ca ne fonctionne pas. Il y a trop de chômeurs. Le chômeur, il cherche du travail et dans beaucoup d’esprit la notion de travail est assimilée à la notion de faveur. Ce qui arrive très souvent c’est que le chômeur a peur de se montrer comme un contestataire. Vous imaginez bien que moi, patron, je vois quelqu’un qui est chômeur depuis longtemps, c’est surement pas celle la que je vais recruter. Mais un jour si les 60 000 chômeurs décident à se rassembler et de descendre à la Préfecture il risque d’y avoir des problèmes...

CC1 : Est ce que l’indépendance de la Guadeloupe est la solution à ces problèmes ?
E.D : Premièrement, l’indépendance de la Guadeloupe, c’est le choix des guadeloupéens. Deuxièmement, il faut préciser que la notion d’indépendance est apparue ces derniers temps par des sondages en France. Mais la question primordiale, c’est quel développement pour la Guadeloupe ? Nous, LKP, nous soutenons fermement que tout développement de la Guadeloupe doit être intégralement subventionnés par la France, au nom de la dette coloniale.

 La ministre des colonies, Mme Marie-Luce PENCHARD, est en visite-éclair, an koudvan, ce mercredi 2 septembre 2009 pour annoncer non pas le respect et la mise en oeuvre des engagements pris par l’état lors de la signature du protocole de suspension de conflit du 4 mars 2009... mais une nouvelle hausse des prix des carburants !

Publié dans African diaspora

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