Pour rayer la violence à l’école, il faut d'abord rayer les ghettos

Publié le par hort

 

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 Violence à l'école: les idées de Xavier Darcos suscitent un tollé

Samedi 23 Mai 2009

 

Les propositions du ministre de l'Education, Xavier Darcos, notamment la fouille des élèves dans les établissements scolaires, suscitent un tollé dans la communauté éducative qui y voit une fausse solution et une opération de communication "sécuritaire".

 

A l'ouverture du congrès de la fédération de parents d'élèves Peep, jeudi à La Rochelle, M. Darcos a proposé de créer "une force mobile d'agents" pouvant opérer des fouilles d'élèves, et de donner aussi ce pouvoir aux chefs d'établissements qui auraient "la compétence d'officiers de police judiciaire".

 

En toile de fond, l'agression à coups de couteau le 15 mai à Fenouillet (Haute-Garonne) d'une enseignante par un collégien. L'idée de M. Darcos n'aurait "évidemment pas" permis d'éviter cet incident, a réagi vendredi, dans La Dépêche du Midi, Hervé Villeneuve, président à Fenouillet du conseil local FCPE, l'autre fédération de parents.

 

"L'agresseur était un petit garçon tranquille de 13 ans, et nous étions à mille lieues de penser qu'il aurait pu apporter une arme à l'école et passer à l'acte. On ne peut pas contrôler tous les cartables de tous les élèves, dans un établissement de 634 élèves. Il faut être prudent", a-t-il dit, évoquant "une logique de suspicion" et "un remède pire que le mal".

 

Une vision partagée par le secrétaire général du syndicat des proviseurs de collèges, Philippe Tournier, qui a assuré à France Inter que la mesure n'aurait "pas permis d'éviter les incidents récents". "Ce sont des fausses réponses qui ne traitent aucun des vrais problèmes auxquels on peut être confrontés dans les établissements", a aussi réagi auprès de l'AFP le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri."Le quotidien, ce ne sont pas les armes, mais les incivilités, les insultes, voire les violences légères. Le vrai travail est éducatif, avec des personnels adéquats", a-t-il ajouté.

 

Même à la Peep, fédération de parents classée à droite, les annonces de M. Darcos ont "fait des vagues", a assuré à l'AFP depuis La Rochelle sa présidente, Anne Kerkhove. Selon elle "les parents ne sont pas contents. Ils sont très indisposés par ce que la presse a retenu de la journée de jeudi, alors que le thème de notre congrès est le handicap et l'accueil des enfants différents à l'école".

 
Quant au ministre, "des parents nous ont dit qu'il était désagréable d'être associés à des annonces comme celles-là et qu'il y a eu une utilisation de notre congrès", a-t-elle ajouté.
De leur côté, le Snes-FSU et les lycéens de la Fidl ont réclamé des "moyens humains" plutôt que des mesures nouvelles.  Au-delà, les syndicats, comme l'Unsa et la FSU, ont dénoncé une opération de communication. "On a l'impression d'un ministre qui entre dans une campagne menée au plus haut niveau sur la sécurité", a déclaré M. Aschieri.


"Cette gesticulation sécuritaire" s'inscrit dans "une atmosphère malsaine qui est en train de décrire l'école comme le lieu de tous les dangers, et les enfants comme des dangers potentiels. Je me demande si l'affaire de Floirac ne relève pas de ce climat sécuritaire", a-t-il ajouté. Dans un communiqué, la Ligue des droits de l'homme a elle aussi fait le lien entre les annonces de M. Darcos et Floirac, où deux enfants de 6 et 10 ans ont été interpellés à proximité de leur école pour un supposé vol de vélos. La LDH "appelle le gouvernement (...) à ne plus voir dans l'enfance (...) une +classe dangereuse+".

Publié dans education

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