La guerre preventive ou le retour à l’ere primitive

Publié le par hort

Charles Renan nous a dit depuis longtemps que les occidentaux sont des peuples guerriers.(des soldats)  Par conséquent, ils doivent toujours faire la guerre. Ce n’est surprenant donc que Bush a inventé la guerre préventive. Dans l’avenir les occidentaux inventeront un autre nom afin de mener leurs guerres perpétuelles, surtout quand celles-ci génèrent d’énorme richesse pour eux. La question pour les peuples d’origine africaine est la suivante ‘comment se protéger de la folie guerrière de l’occident ? Cela doit être leur priorité puisque ce sont eux les premières victimes. Hort

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La guerre preventive ou le retour à l’ere primitive

Etienne de Tayo
Promoteur Afrique Intègre
01/02/2009

 

La théorie de la guerre préventive popularisée par l'administration Bush, repose sur une logique simple contenue dans cette phrase : "massacrer mon ennemi avant qu'il n'envisage de me tuer". Par un glissement sémantique astucieux, ses promoteurs cherchent souvent à l'assimiler à de la légitime défense.

 

Par sa brutalité, la guerre préventive renvoie à un état de guerre permanente entre les individus et les groupes d'individus. Une époque que les historiens situent très loin dans le temps lorsque les communautés humaines étaient encore commandées par des rois, véritables seigneurs de la guerre et impérialistes forcenés, dont la grandeur reposait dans leur capacité à défendre leur territoire comme les animaux, à l'agrandir en faisant la guerre à d'autres communautés. Ces rois belliqueux passaient le clair de leur temps à échafauder des théories guerrières. Et pour cela, ils pouvaient toujours compter sur ces conseils de Machiavel quand ils font main basse sur un nouveau territoire : "quand l'Etat conquis se trouve dans une autre contrée que l'Etat héréditaire, le prince conquérant doit se faire chef et protecteur des princes voisins les moins puissants de la contrée, travailler à affaiblir ceux d'entre eux qui sont les plus forts et empêcher que, sous un prétexte quelconque, un étranger aussi puissant que lui ne s'y introduise".


On croyait avoir tiré un trait sur ces dirigeants belliqueux avec la fin de la seconde guerre mondiale et la destruction du nazisme allemand et du fascisme italien. On pensait que désormais on aura à faire à des dirigeants travaillant pour le bonheur de leurs peuples et au ré enchantement du monde. Que non! La théorie de la guerre préventive et son application sont des réalités bien vivantes aujourd'hui. L'administration Bush a été la première à évoquer le concept pour justifier sa guerre contre le terrorisme islamiste après les attentats du 11 septembre 2001. Elle a ainsi promis aux Américains d'aller tuer les membres d'Al quaïda, à qui elle fait porter la responsabilité des attentats, dans leurs grottes de Tora Bora en Afghanistan et partout où ils pouvaient se cacher, avant qu'ils n'envisagent de porter la guerre sur le territoire américain. On se souvient du mémorable stand up du président Américain, George W. Bush sur les décombre du World Trade Centre comme le symbole d'une Amérique qui veut rester debout et qui veut combattre pour venger ses victimes. A ce jour, la guerre d'Afghanistan, lancée en prévention des attentats sur le sol américain a déjà fait près d'un million de morts directs et indirects, pour la plupart des civils et autant de blessés.


On sait aussi que la guerre en Afghanistan et le combat contre le terrorisme en général a généré des lieux de torture comme la prison de Guantanamo et d'autres prisons sécrètes en Europe. Ce qui a fait reculer les Etats-Unis de près de trois siècles dans la promotion des droits de l'homme : des présumés terroristes sont maintenus enchaînés la tête dans une cagoule. Et pourtant l'objectif principal et promis qui était la mise hors d'état de nuire les présumés commanditaires des attentats du 11 septembre, est loin d'être atteint. On se souvient que le Mollah Omar, l'un des lieutenants de Ossama Ben Laden, avait réussi à échapper à ses poursuivants américains en prenant la fuite sur une… moto. Une vraie humiliation pour la plus puissante armée du monde disposant des missiles capables de repérer et de détruire n'importe quel engin. Quand à Ossama Ben Laden, il continue huit ans après à narguer l'Amérique à travers les communiqués radio télévisés. Communiqués dont les menaces y contenues obligent les passagers à se "déshabiller" dans les aéroports du monde pour cause d'attentats potentiels.


C'est toujours dans une optique préventive que l'administration Bush a justifié la destruction du régime de Saddam Hussein en utilisant au passage, le plus gros mensonge de l'histoire. A savoir que le régime irakien dispose des armes de destruction massive. Une tâche ingrate confiée au Général Collin Powell alors secrétaire d'Etat américain. La justification de la guerre préventive dans ce cas consistait à dire que Saddam Hussein, dont on avait déjà mesuré la paranoïa dans sa tentative d'annexion du Koweit, pourrait utiliser ses armes contre l'allié américain du proche Orient qu'est Israël. Cette hypothèse était d'autant plus plausible et le scénario d'autant plus bien monté que pendant la première guerre du Golfe, les forces de Saddam Hussein n'avaient de cesse de viser Israël à l'aide des missiles Scuds.

 

Aujourd'hui, la guerre d'Irak présente un bilan macabre de près d'un demi million de morts essentiellement civils. Le pays est détruit au tiers et le niveau de vie de la population a reculé de près de 50 ans. Comme en Afghanistan, la guerre préventive a permis à certains éléments des forces américaines à s'adonner à de la pure bestialité humaine au travers les images des principales prisons en Irak. Elle a imposé aux téléspectateurs du monde l'exécution en direct de Saddam Hussein qui, au-delà de tout ce qu'on peut dire sur l'homme et sur le régime qu'il a imposé sur l'Irak, n'aura été qu'un dévoilement de la barbarie humaine qui habite malheureusement encore la plupart des peuples dits civilisés. Surtout que dans le cas précis de Saddam Hussein, l'administration Bush, agissant pour le compte de leurs protégés au pouvoir à Bagdad, n'a pas manqué d'appliquer un autre conseil de Machiavel. A savoir : "éteindre la race de l'ancien prince". Ils l'ont fait en tuant ses deux fils pour écarter tout risque de vengeance future.


La guerre préventive est aussi faite par Israël dans les territoires occupés et au Liban. Ici, elle prend le nom monstrueux d'assassinats ciblés. Entendez, retrait volontaire et prémédité de la vie aux dirigeants du Hamas et du Hezballah. La même explication revient pour soutenir la conscience des promoteurs de tels actes : "il faut tuer les dirigeants du Hamas et du Hezbollah avant qu'ils ne procèdent à la destruction de l'Etat d'Israël comme cela est contenu dans leurs statuts". Ainsi présenté, d'aucuns n'hésitent pas à convoquer la légitime défense.
C'est encore la guerre préventive qui endeuille la région des Grands Lacs depuis bientôt une quinzaine d'années. Son promoteur s'appelle Paul Kagame, un très bon élève des Etats-Unis et qui probablement a aussi bien lu Le Prince de Machiavel. Après le génocide rwandais de 1994 dont l'explication caricaturale nous fait comprendre que les Hutus extrémistes qui ne voulaient pas céder le pouvoir, avaient exterminés les Tutsi et les Hutus modérés. Après ce génocide donc, ceux qu'on appelle aujourd'hui les interamwé, c'est-à-dire une milice hutue soutenue par les ex-soldats de Juvénal Habyarimana avait fui avec leurs familles dans les forêts du Congo voisin. Depuis lors, ils tentent de se réorganiser en vue de la reconquête du pouvoir tenu depuis 1994 par Paul Kagamé.


La théorie de la guerre préventive a poussé le régime rwandais à dire ceci : "il faut combattre et tuer les interamwé dans les forêts congolaise avant qu'ils n'envisagent à porter la guerre sur le territoire rwandais". C'est cette logique qui a poussé Paul Kagamé à soutenir les forces de Laurent Désiré Kabila dans la prise du pouvoir à Kinshasa. L'idée étant de satelliser le pouvoir congolais en vue de contenir les Interamwé. Aujourd'hui, la manœuvre consiste à faire chanter le régime congolais en soutenant quelque rébellion armée contre lui comme c'était le cas avec Laurent Nkunda. Mais la préoccupation majeure du régime rwandais c'est la prévention contre les attaques des interamwé et les ex Far. A ce jour, la guerre préventive des Grands Lacs a déjà fait près de 8 millions de morts aussi bien les interamwé que des populations civiles congolaises et surtout des images insoutenables de la barbarie humaine. Cette guerre s'illustre ainsi comme l'une des guerres les plus meurtrières depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Dans les forêts congolaises, c'est une extermination de l'espèce humaine qui se déroule curieusement sous le regard détourné de la communauté internationale.


Comme nous pouvons le voir, le nombre de morts et le retour à la barbarie que la guerre préventive nous oblige à faire sont inversement proportionnels à l'efficacité de cette forme de résolution de conflit peut apporter. Elle ne contribue finalement qu'à installer un cycle de guerre permanente, des rancoeurs éternelles et un cycle de meurtre/vengeance. Les promoteurs de la guerre préventive et principalement ceux qui misent sur les assassinats des leaders des mouvements pensent qu'on peut tuer les idées d'un homme en tuant cet homme. Ceux qui, en 1968 avaient organisé l'assassinat de Martin Luther King en croyant mettre un terme aux idées du mouvement des droits civiques dont il était le leader doivent bien se mordre les doigts aujourd'hui en voyant le triomphe de Barack Obama qui, s'il ne peut pas être considéré comme un successeurs de Martin Luther King, n'en bénéficie pas moins des avantages collatéraux. La mise à mort des porteurs d'idées peut à la limite retarder l'atteinte de l'objectif mais en aucun cas cela ne peut arrêter le cours de l'histoire. Les idées, surtout les idées révolutionnaires sont comme ces héros des dessins animés qui réussissent toujours à se tirer des situations même les plus désastreuses. Même écrasé par un camion, ils se redressent et reprennent leur forme initiale.


La guerre préventive est enfin un défi lancé au droit. Ainsi, la présomption est transformé en fait et punie comme tel. Au demeurant, nous pensons que la guerre préventive n'est finalement qu'un artifice utilisé par des régimes brouillons et frileux, pour détourner l'attention de leur propre peuple et celle de la communauté internationale et surtout pour se donner cet ennemi intérieur ou extérieur, indispensable pour la restriction ou la suppression des libertés individuelles.

Publié dans War-Racism

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