Krs One: le père du rap conscient.

Publié le par hort

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KRS ONE le métaphysicien du rap

jeudi 1er janvier 2009

 

Krisna Lawrence Parker aka KRS ONE est une figure emblématique, tant il a marqué Hip Hop. Il est le père du rap conscient. D’origine jamaicaine, KRS One est né le 20 août 1965, à South Bronx, un des quartiers les plus pauvres de New-York. Il passe son adolescence à étudier seul à la bibliothèque publique l’histoire et la philosophie alors que le reste du temps il vit dans la rue, errant, sans domicile ayant quitté dès l’âge de 14 ans le foyer où il vivait avec sa mère. Il manie aussi l’art du graffiti, en signant ses oeuvres d’un « KRIS ONE », qui devient par la suite K.R.S O.N.E. (Knowledge Reigns Supreme Over Nearly Everyone - la connaissance règne en maître sur presque chacun de nous).

 

En 1984-85 il rencontre Ced Gee, le leader des Ultramagnetic Mc’s (qui possédait un sampler-boîte à rythmes) avec qui il enregistre un morceau intitulé « Advance ». À cette même époque, il fait la connaissance d’un éducateur dans un refuge : Scott Sterling aka Scott la Rock qui lui fait découvrir le rap par le biais de soirées au Broadway RT et son crew de l’époque les Celebrity 3. Kris finit par intégrer le groupe et enregistre le single ’Sucess in the World’ (sous le nom de 1241), Celebrity 3 est renommer Boogie Down Crew puis enfin, Boogie Down Productions.

 

1987, premier album du groupe : "Criminal Minded" chez B-Boys Records, sur lequel Scott et Kris figurent avec grenades et pistolets alors que les textes mettent en avant l’éducation, le positivisme, la connaissance de soi et l’égotrip. Le MC continuera longtemps à manier ce genre d’ambiguïté à l’image d’un Malcom X qui prônait à la fois la non violence et la légitime défense. Quelques mois plus tard, Kris est marqué par la disparition violente de son ami Scott La Rock, touché par une balle qui entraîna sa mort suite à une banale embrouille qui impliquait apparemment D-Nice (autre membre du groupe). KRS ONE décide de changer d’orientation et pose les bases d’une réflexion sur la criminalité et ses conséquences sur la population afro-américaine.

 

Avec le collectif "Stop the Violence Movement", il attire l’attention des médias et du public sur le nombre de morts violentes chez les jeunes noirs tués par leurs "frères" et ce bien avant des films comme "New Jack City" , "Boys in The Hood", ou "Menace 2 Society". Il défilera en compagnie de ses amis de l’Apollo Theatre de Harlem jusqu’au Powell State Office Building avec un cercueil vide symbolisant la mort de la violence. Il sortira par la suite le fameux single "Self Destruction" sur la compilation du même nom.

 

En 1990 sort l’album, Edutainment (Boogie Down Productions) qui est encore considéré aujourd’hui, comme l’une des premières tentatives d’éduquer les masses afro-américaines à travers le hip hop. En dispensant un discours responsable et respectueux, KRS One tente aussi de sortir les afro-américains des clichés dans lesquels ils s’enferment eux-mêmes. En 1993 il se lance dans une carrière solo avec l’album "Return Of The Boom Bap" où figure le morceau "Free Mumia", une protestation contre l’internement du Mumia Abu-Jamal, un ancien membre des Black Panther qui se trouve dans le couloir de la mort depuis juillet 1982, cela fait plus de 26 ans. Il s’entoure pour cet album de personnalités comme DJ Premier, Kid Capri et Showbiz ainsi que Busta Rhymes, Das EFX , Fat Joe et Mad Lion

 

Rimes engagées, beat puissant, grosse basse et style Hardcore restent la marque de fabrique de KRS-One. Il introduit aussi dans sa musique, ses influences reggae et ragga que ce soit dans son flow très proche des toasters jamaïcains où dans ses productions. KRS a contribué à faire connaître le reggae grâce à ses travaux pour Shabba Ranks , Silent Assassin, Sly & Robbie , et Ziggy Marley. Avec l’abum "The Sneak Attack" (2001) KRS ONE reste logique dans sa démarche en ne succombant pas aux modes rapologiques et continuant à privilégier le fond sur la forme sans pour autant négliger cette dernière. 2002, il conclut un contrat avec le label Koch incluant une clause de conscience et une clause culturelle visant à véhiculer l’esprit du Hip Hop cher à KRS ONE. Il sortira un album chez eux "Spiritual Minded".

 

Aujourd’hui KRS One continue de sortir des disques avec des textes engagés socialement et politiquement qui prônent la connaissance de soi et l’éducation (comme sur ’You Must Learn’) et donne de nombreuses conférences dans les universités américaines. Il agit également beaucoup dans le secteur social en créant "Human Education Against Lies" ", une organisation qui distribue des livres et disques aux plus démunis. KRS-One est un artiste original, influent et désormais respecté qui aura su durer dans un milieu où la durée de vie médiatique est limitée.

 

Boogie Down Productions :

* Criminal Minded (1987) * Man & His Music (1988) * By All Means Necessary (1988) * Ghetto Music : The Blueprint of Hip Hop (1989) * Edutainment (1990) * Live Hardcore Worldwide (1991) * Sex and Violence (1992) * Criminal Minded (Réedition) (2008)

Albums solo :

* Return of the Boom Bap (1993) * KRS One (1995) * I Got Next (1997) * The Sneak Attack (2001) * Profits vs. Prophets (2002) * Spiritual Minded (2002) * Kristyles (2003) * KRS-One : The Mixtape (2003) * The Kristyle (Reissued on new label with new songs) ["To have everything, keep radiating in spirit through your love everyday."] (2003) * Digital (2004) * Keep Right (2004) * Life (2006) Chronique de l’album [archive] * HipHop Lives (avec Marley Marl) (2007) * Adventures In Emceeing (2008) * Maximum Strength (2008) * Conflosation (avec Buckshot) (2008)

Publié dans culture

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