On prefere blâmer les presidents africains plutot que de chercher les vrais causes

Publié le par hort

Je l’ai déjà dis plusieurs fois. Les noirs préfèrent de blâmer les chefs d’états africains pour tous les maux de l’Afrique, plutôt que de chercher les vrais causes de la pauvreté et le sous développement du continent. J’ai écris un article sur ce problème il y a presque un an et j’attend toujours la traduction en français, mais vous pouvez lire la version anglaise ici en attendant. Hort http://horte.over-blog.fr/article-14923529.html


http://www.cadtm.org/spip.php?article3780

 Interconnexion des crises capitalistes

 par Éric Toussaint

9 octobre 2008

 

L’explosion des crises alimentaire, économique et financière en 2007-2008 montre à quel point sont interconnectées les économies de la planète. Pour résoudre ces crises, il faut traiter le mal à la racine.

La crise alimentaire.

 

En 2007-2008, plus de la moitié de la population de la planète a vu se dégrader fortement ses conditions de vie car elle a été confrontée à une très forte hausse du prix des aliments. Cela a entraîné des protestations massives dans au moins une quinzaine de pays dans la première moitié de 2008. Le nombre de personnes touchées par la faim s’est alourdi de plusieurs dizaines de millions et des centaines de millions ont vu se restreindre leur accès aux aliments (et, en conséquence, à d’autres biens et services vitaux |1|). Tout cela suite aux décisions prises par une poignée d’entreprises du secteur de l’agrobusiness (productrices d’agro-combustibles) et du secteur de la finance (les investisseurs institutionnels qui contribuent à la manipulation des cours des produits agricoles) qui ont bénéficié de l’appui du gouvernement de Washington et de la Commission européenne |2|. Pourtant la part des exportations dans la production mondiale des aliments reste faible. Une faible partie du riz, du blé ou du maïs produite dans le monde est exportée, l’écrasante majorité de la production est consommée sur place. Néanmoins ce sont les prix des marchés d’exportation qui déterminent le prix sur les marchés locaux. Or les prix des marchés d’exportation sont fixés aux Etats-Unis principalement dans trois Bourses (Chicago, Minneapolis et Kansas City). En conséquence, le prix du riz, du blé ou du maïs à Tombouctou, à Mexico, à Nairobi, à Islamabad est directement influencé par l’évolution du cours de ces grains sur les marchés boursiers des Etats-Unis.


En 2008, dans l’urgence et sous peine d’être renversées par des émeutes, aux quatre coins de la planète, les autorités des pays en développement ont dû prendre des mesures pour garantir l’accès des citoyens aux aliments de base. Si on en est arrivé là, c’est que durant plusieurs décennies les gouvernements ont renoncé progressivement à soutenir les producteurs locaux de grains - qui sont en majorité des petits producteurs - et ont suivi les recettes néolibérales dictées par des institutions comme la Banque mondiale, le FMI dans le cadre des plans d’ajustement structurel et des programmes de réduction de la pauvreté. Au nom de la lutte contre la pauvreté, ces institutions ont convaincu les gouvernements de mener des politiques qui ont reproduit, voir renforcé, la pauvreté. De plus, au cours des dernières années, de nombreux gouvernements ont signé des traités bilatéraux (notamment des traités de libre commerce) qui ont encore aggravé la situation. Les négociations commerciales dans le cadre du cycle de Doha de l’OMC ont également entraîné de funestes conséquences.

 

Que s’est-il passé ?

 

1er acte.

Les pays en développement ont renoncé aux protections douanières qui permettaient de mettre les paysans locaux à l’abri de la concurrence des producteurs agricoles étrangers, principalement les grandes firmes d’agro-exportation nord-américaines et européennes. Celles-ci ont envahi les marchés locaux avec des produits agricoles vendus en dessous du coût de production des agriculteurs et éleveurs locaux, ce qui a provoqué leur faillite (nombre d’entre eux ont émigré vers les grandes villes de leurs pays ou vers les pays les plus industrialisés). Selon l’OMC, les subsides versés par les gouvernements du Nord à leurs grandes entreprises agricoles sur le marché intérieur ne constituent pas une infraction aux règles anti-dumping. Comme l’écrit Jacques Berthelot : « alors que, pour l’homme de la rue, il y a dumping si on exporte à un prix inférieur au coût moyen de production du pays exportateur, pour l’OMC, il n’y a pas de dumping tant qu’on exporte au prix intérieur, même s’il est inférieur au coût moyen de production |3|. » Bref, les pays de l’Union européenne, les Etats-Unis ou d’autres pays exportateurs peuvent envahir les marchés des autres avec des produits agricoles qui bénéficient de très importantes subventions internes.


Le maïs exporté au Mexique par les Etats-Unis est un cas emblématique. A cause du traité de libre commerce (TLC) signé entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, ce dernier a abandonné ses protections douanières face à ses voisins du Nord. Les exportations de maïs des Etats-Unis au Mexique ont été multipliées par neuf entre 1993 (dernière année avant l’entrée en vigueur du TLC) et 2006. Des centaines de milliers de familles mexicaines ont dû renoncer à produire du maïs car celui-ci coûtait plus cher que le maïs provenant des Etats-Unis (produit avec une technologie industrielle et fortement subventionné). Cela n’a pas seulement constitué un drame économique, il s’est agi aussi d’une perte d’identité car le maïs est le symbole de la vie dans la culture mexicaine, notamment chez les peuples d’origine maya. Une grande partie des cultivateurs de maïs ont abandonné leur champ et sont partis chercher du travail dans les villes industrielles du Mexique ou aux Etats-Unis.

 

2e acte.

 

Le Mexique qui dépend dorénavant pour nourrir sa population du maïs des Etats-Unis est confronté à une augmentation brutale du prix de cette céréale provoquée, d’une part, par la spéculation sur les Bourses de Chicago, de Kansas City, de Minneapolis et, d’autre part, par la production chez le voisin du Nord d’éthanol de maïs. Les producteurs mexicains de maïs ne sont plus là pour satisfaire à la demande interne et les consommateurs mexicains sont confrontés à une explosion du prix de leur nourriture de base, la tortilla, cette crêpe de maïs qui remplace le pain ou le bol de riz consommé sous d’autres latitudes. En 2007, d’énormes protestations populaires ont secoué le Mexique. Dans des conditions spécifiques, les mêmes causes ont produit grosso modo les mêmes effets. L’interconnexion des marchés alimentaires à l’échelle mondiale a été poussée à un niveau jamais connu auparavant.

 

La crise alimentaire mondiale met à nu le moteur de la société capitaliste : la recherche du profit privé maximum à court terme. Pour les capitalistes, les aliments ne sont qu’une marchandise qu’il faut vendre avec le plus de profit possible. L’aliment, élément essentiel du maintien en vie des êtres humains, est transformé en pur instrument de profit. Il faut mettre fin à cette logique mortifère. Il faut abolir le contrôle du capital sur les grands moyens de production et de commercialisation et donner la priorité à une politique de souveraineté alimentaire.

 

La crise économique et financière.


En 2007-2008 a également éclaté la principale crise économique et financière internationale depuis celle de 1929. Si ce n’était l’intervention massive et concertée des pouvoirs publics qui se sont portés au secours des banquiers voleurs, la crise actuelle aurait déjà pris de plus amples proportions. Ici aussi, l’interconnexion est frappante. Entre le 31 décembre 2007 et fin septembre 2008, toutes les Bourses de la planète ont connu une baisse très importante, allant de 15 à 30% pour les Bourses des pays les plus industrialisés jusqu’à 50% pour la Chine en passant par 40% pour la Russie et la Turquie. Le colossal montage de dettes privées, pure création de capital fictif, a fini par exploser dans les pays les pays les plus industrialisés en commençant par les Etats-Unis, l’économie la plus endettée de la planète. En effet, l’addition des dettes publique et privée aux Etats-Unis s’élève en 2008 à 50 000 milliards de dollars, soit 350% du PIB. Cette crise économique et financière qui a déjà touché l’ensemble de la planète affectera de plus en plus les pays en développement dont certain se croient encore à l’abri. La mondialisation capitaliste n’a pas découplé ou déconnecté les économies. Au contraire, des pays comme la Chine, le Brésil, l’Inde ou la Russie n’ont pas pu se mettre à l’abri de cette crise et ce n’est que le début.

 

La crise climatique.


Les effets du changement climatique ont momentanément disparu de la une de l’actualité, supplantés par la crise financière. Néanmoins le processus est en cours à l’échelle de la planète et ici aussi l’interconnexion est évidente. Certes les populations des pays « pauvres » seront plus fortement touchées que celles des pays « riches » mais personne n’en sortira indemne. La conjonction de ces trois crises montre aux peuples la nécessité de se libérer de la société capitaliste et de son modèle productiviste. L’interconnexion des crises capitalistes met en avant la nécessité d’un programme anticapitaliste et révolutionnaire à l’échelle de la planète. Les solutions pour qu’elles soient favorables aux peuples et à la nature seront internationales et systémiques. L’humanité ne pourra pas se contenter de demi-mesures.

 

 

Notes de bas de page:

|1| En effet, afin d’acheter des aliments dont le prix a fortement augmenté, les ménages pauvres ont réduit les dépenses de santé et d’éducation ainsi que les dépenses en matière de logement.

|2| Voir Damien Millet et Eric Toussaint « Retour sur les causes de la crise alimentaire mondiale », août 2008 et Eric Toussaint « Une fois encore sur les causes de la crise alimentaire », octobre 2008

|3| Jacques Berthelot « Démêler le vrai du faux dans la flambée des prix agricoles mondiaux », 15 juillet 2008, p.47


Visiones Alternativas

Torres Juan Lopez

10/10/08

 

Une des questions que se posent le plus les citoyens ordinaires est de savoir d'où va sortir et d'où sortent les centaines et centaines de milliards de dollars que les banques centrales et le trésor des États-Unis mettent à la disposition des banques.


La question est pertinente car elle permet vraiment de remarquer l'ampleur de l'aide destinée à ceux qui sont déjà les plus riches du monde. Ce qui est surprenant, surtout en comparaison avec d'autres besoins pour lesquels il n'y a jamais de l'argent. Alors que l'économie mondiale s'effondre : la fortune des riches double le PIB mondial. Selon l'ONU près de 5000 enfants meurent chaque jour de soif. Pour fournir de l'eau potable à l'ensemble de la planète, il faudrait 32.000 millions de dollars (et arrêter la cupidité criminelle de quelques-unes des grandes multinationales, bien sûr). Dans le monde, il existe 925 millions de personnes qui souffrent de la faim et peut-être beaucoup d'autres souffrant de malnutrition grave.

 

Pour mettre fin à cette tragédie, la FAO dit qu'il faudrait 30.000 millions de dollars. C'est à dire, que pour que personne dans le monde ne meure de faim ou de soif, il faudrait seulement plus ou moins 40% de ce que la Banque centrale européenne a injecté dans les marchés le 29 septembre dernier. Il est normal que les gens se posent des questions sur ce révoltant et immoral contraste. Qu'ils se demandent comment il est possible que la faim et la soif d'un milliard de personnes n'est pas considérée comme une crise assez grave pour que les banques centrales apportent le financement qui pourrait la résoudre. Et, comme je l'ai dit au début, ils se demandent d'où sort tout cet argent mis à la disposition des riches. La réponse à cette question est claire et pour vous donner un exemple, je me réfère au cas particulier américain.

 

L'argent avec lequel Bush prétend faire face à la crise financière viendra de trois sources majeures. Les connaissant, nous pourrons anticiper ce qui se passera dans le monde dans les prochains jours. Voyons voir. Tout d'abord, les ressources viendront de l'augmentation de l'endettement extérieur de l'économie américaine. Pour cela, il faudra réussir à placer à l'étranger les obligations et autres titres de créances, ce qui va entre autres choses, changer inévitablement la carte politique et la répartition du pouvoir dans le monde. La Chine, l'Inde et d'autres pays deviendront plus forts, tandis que l'économie américaine s'affaiblira en devenant plus dépendante. En second lieu, les ressources proviendront de l'impression de plus de dollars. C'est quelque chose qui a déjà eu lieu et a été prémédité bien qu'on n'en parle pas beaucoup. En décembre 2005, la Réserve fédérale a convenu qu'à partir de mars 2006 on n'allait pas publier le chiffre que les économistes appellent M3 (la quantité de dollars circulant dans la forme de billets de banque, pièces de monnaie et dépôts à vue).

 

Il ne faut pas être un lynx pour réaliser ce qui se cache derrière cette décision : une croissance vertigineuse de la quantité de dollars en circulation. Des estimations non officielles indiquent que M3 est passé d'un peu plus de 7% du PIB aux États-Unis en juin 2006 à 18% en février 2008 (depuis lors, il a commencé à s'écrouler de façon spectaculaire jusqu'au niveau le plus bas atteint depuis 1959, mais avec comme conséquence le retrait de la liquidité bancaire qui a conduit à la crise). Pour que cette source de mobilisation de ressources soit possible, les États-Unis doivent recourir à leur pouvoir impérial pour placer dans le monde une monnaie chaque fois plus dévaluée et plus faible. La conséquence plus que prévisible n'est pas très agréable : accroître sa présence militaire et essayer de provoquer des pôles d'instabilité pour justifier sa présence et ancrer ainsi son pouvoir en tant que première puissance mondiale.

Enfin, les ressources proviendront aussi des citoyens eux-mêmes, directement sous forme d'impôts, ou indirectement, sous forme de renoncement aux dépenses publiques que représentent les revenus indirects (comme la santé ou l'éducation) ou différés (comme les pensions).

 

Je me risque ici à prédire que nous entendrons bientôt le discours contraire à celui que nous avons entendons jusqu'à aujourd'hui. Maintenant, nous allons dire que les impôts sont bons, que nous devons tous contribuer à la réalisation de la stabilité économique et nous devons tous mettre la main à la pâte. Cela a en fait déjà commencé avec le refrain habituel éhonté que pour sortir de cette crise on doit modérer les salaires. À partir de ces sources viendra l'argent pour que les riches qui ont provoqué cette crise avec leur cupidité criminelle puissent en sortir sans même être décoiffés. À moins que les citoyens que nous sommes s'opposent et appellent à des solutions plus justes, qui ne comportent pas de tels privilèges, que les responsables répondent de leur faute et restituent aux citoyens les ressources qui sont les leurs.

 

Umkhonto We Sizwe

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