La crise financière démontre que l’Afrique doit se débarrasser de ce système moribond

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Montée des incertitudes sur fond de nouvelle débâcle bancaire

Bruno Odent

27/09/08

 

États-Unis . La crise s’aggrave avec la faillite de la banque Washington Mutual. Le plan de sauvetage du Trésor était paralysé hier après la présentation du projet alternatif des républicains. Tout était prêt jeudi soir. George W. Bush peaufinait son speech célébrant l’union nationale contre la crise. Entouré des deux candidats à la présidentielle, John McCain et Barack Obama, il s’apprêtait à annoncer le lancement du plan Paulson. Les ultimes amendements démocrates avaient été intégrés. Anticipant l’événement, Wall Street et les Bourses européennes avaient clôturé en hausse. Et patatras, on apprenait un peu plus tard que des amis de John McCain avaient mis in extremis un projet alternatif sur la table et que les discussions étaient rompues. Le plan Paulson, qui prévoit de mobiliser quelque 700 milliards de dollars d’argent public pour voler au secours des banques, était, de nouveau, paralysé.

 

La plus grosse faillite d’une banque de dépôts

 

Pratiquement au même moment un nouveau domino bancaire tombait. Washington Mutual, qui affichait plus de 15 milliards de pertes et de dévalorisations d’actifs, était le plus important réseau de caisses d’épargne du pays. Il s’agit de la plus grosse faillite d’une banque de dépôts jamais enregistrée aux États- Unis. Faisant le forcing pour amortir le choc et tenter de sauvegarder à tout le moins les mises des petits épargnants, l’administration a organisé aussitôt une sorte de transfert-rachat de la banque par JP Morgan Chase pour seulement 1,9 milliard de dollars (1,29 mil- liard d’euros). Ces deux événements cumulés qui attestent, chacun à leur manière, de la profondeur de la crise de l’ensemble du système, n’ont pas manqué naturellement de faire replonger lourdement, hier, tous les marchés boursiers. Et ils démontrent combien la crise est sans doute bien loin d’être terminée, même si un hypothétique compromis pouvait être trouvé ce week-end sur le plan Paulson.

 

De nombreux experts soulignent en effet qu’un plan d’abord dévoué à renflouer les banques ne s’attaque pas vraiment à la racine du problème : le surendettement de tous les acteurs de l’économie états-unienne. De plus, le sauvetage de Wall Street à grands frais pour le contribuable suscite des réticences de plus en plus marquées dans l’opinion publique. « On ne demande aucun sacrifice aux plus fortunés, à ceux qui peuvent le plus facilement payer », s’insurge ainsi une pétition adressée au secrétaire au Trésor, Henry Paulson, qui avait recueilli jeudi près de 33 000 signatures. Et ce climat est évidemment pour beaucoup dans la présentation in extremis d’un plan alternatif par des élus républicains. John McCain y voit le moyen de tenter un coup de poker politique (voir ci-contre), en faisant mine de prendre en compte la colère et les intérêts des « petites gens ».

 

Les démocrates dénoncent la démagogie de mCCain

 

Le projet alternatif des républicains refuse en effet de solliciter les contribuables et avance l’idée d’un sauvetage du secteur appuyé, lui, sur les opérateurs de Wall Street eux-mêmes. Et d’envisager un système de prise en assurance des titres pourris détenus par les banques et autres établissements financiers. L’idée étant que ces garanties devraient redonner suffisamment de confiance au marché pour que les investisseurs « se remettent à acheter des titres liquides », selon l’expression de l’un des promoteurs du projet. Et plutôt que de solliciter le contribuable, le plan des républicains envisage des baisses d’impôts pour relancer la machine.

 

« Cette approche ne fonctionne pas », a aussitôt fait savoir le secrétaire au Trésor. Les démocrates ont dénoncé la démagogie et les calculs électoralistes de John McCain. Le blocage, quoi qu’il en soit, s’annonçait difficile à lever. Et on faisait preuve de plus en plus de fébrilité hier dans l’entourage de Henry Paulson en faisant remarquer qu’il fallait agir dans l’urgence afin d’être prêt lundi matin au plus tard. Sous peine, sinon, de nouvelles défaillances spectaculaires.


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