Après la chasse à l'enfant et aux sans papiers, maintenant c'est la chasse aux militants

Publié le par hort

 http://www.gisti.org/spip.php?article1209

Après la chasse à l’enfant, la chasse aux sans-papiers, la chasse aux militants ?

13/09/08

Appels à la dissolution du RESF par le porte-parole de l’UMP, détention d’ex-retenus de Vincennes accusés d’être les auteurs de l’incendie dela prison administrative de Vincennes, annonce de dépôt de plainted ébut août contre SOS soutien aux Sans papiers pour des propos que le militant accusé nie avoir tenus, menaces de poursuites contre un élu du Jura « coupable » d’avoir dénoncé par voie de presse la « rafle » d’une famille sans papiers, poursuites contre le Collectif de soutien aux sans papiers d’Ille-et-Villaine pour le contenu de trois tracts jugés diffamatoires à l’égard de la police aux frontières… Venant après d’autres faits de même nature, cette accélération prouve à l’évidence que les ministres Hortefeux et Alliot-Marie entendent placer les mois qui viennent sous le signe de la menace, voire de la répression à l’égard de ceux qui combattent leur politique de chasse aux étrangers sans papiers.

Il est clair, en effet, que par delà la diversité des faits et desincriminations, ces mises en causes ont pour objectif de museler toute opposition à la politique gouvernementale d’expulsions massives et brutales, assortie d’objectifs chiffrés à l’unité près, qui conduit à des drames de plus en plus insupportables pour les personnes sans papiers. Drames inutiles qui révoltent la population française dès qu’elle en prend connaissance.

Sans nécessairement reprendre à leur compte les propos ou les actions des personnes ou des organisations poursuivies, les associations, les syndicats, les partis politiques et les particuliers signataires dénoncent les menaces que le gouvernement fait peser sur les libertés publiques en traquant ainsi les sans papiers et en abusant des poursuites contre ceux qui s’opposent à cette logique répressive.

Ils affirment en particulier leur solidarité avec les militants accusés d’être les auteurs de tracts mettant en cause l’action de la Police del’Air et des Frontières (PAF) qui seront traduits devant le tribunal correctionnel de Rennes le 19 septembre. Au-delà de ce qui leur est formellement reproché, leur éventuelle condamnation serait une remise en cause de la liberté d’expression et une attaque contre tous les citoyens qui, partout en France, sont solidaires des étrangers menacés et se dressent au nom des droits de l’Homme contre la politique inhumaine du gouvernement en matière d’immigration. Nous ne l’accepterions pas.

Le 10septembre 2008


Signataires : ATTAC, FCPE, GISTI, LDH, RESF, FSU, Solidaires,SUD-Éducation, UNSA-Éducation, UNSEN-CGT, LCR, Parti Socialiste, PCF,Les Verts

  Étrangers : silence on enferme !

Jeudi 11 septembre 2008

 

Le ministère de l’immigration vient de faire paraître un appel d’offre relatif à « l’information en vue de l’exercice » des droits des étrangers dans les centres de rétention administrative suite à la publication d’un décret en date du 22 août 2008.Cet appel d’offre intervient dans un contexte très préoccupant, que traduisent notamment :

Les quotas d’expulsion, qui induisent non seulement des interpellations tous azimuts, mais aussi des dérives scandaleuses de la part des services des préfectures et de la police ;

la généralisation des rafles d’étrangers ;

 

la mise en place de fichages de tous les étrangers (fichier Eloi) ou de leurs soutiens(fichier Edvige) ;

l’adoption de la directive de la honte dite « retour », le 18 juin2008, par le Parlement Européen, qui systématise l’enfermement des migrants ;

la construction exponentielle des centres de rétention dans toute la France ;

l’externalisation des lieux de rétention hors des frontières de l’Union européenne ;

des conditions quotidiennes de rétention dénoncées tant par les retenus étrangers,les associations et les parlementaires que par des instances européennes ou internationales,

l’arrogance du gouvernement face aux critiques de sa politique d’immigration, qui détruit des familles, expulse des enfants, pousse au désespoir et va jusqu’à provoquer des morts ;

la remise en cause du travail de la Cimade, qui permet à des milliers d’étrangers de faire valoir leurs droits devant les juridictions françaises (tant sur leurs conditions d’interpellation, de rétention et de reconduite à la frontière) et de faire connaître ce qui se passe dans les lieux de rétention ;

les tentatives (notamment dans le cadre d’une réforme constitutionnelle) de mettre au pas les juges qui sanctionnent les pratiques illégales des préfectures et les violations des droits des étrangers retenus.

Aujourd’hui,le gouvernement veut rendre muettes et dociles les associations qui interviendraient dans les centres de rétention en :

Divisant en « lots », pour mieux régner, les divers sites d’intervention des associations ;

Ecartant les regroupements d’associations de l’appel d’offres, ce qui rendra très difficile l’élaboration de bilans nationaux sur la situation dans les lieux de rétention ;

Obligeant ces associations à distribuer la documentation fournie par l’administration ;

Imposant à ces intervenants – sous la menace financière d’une rupture sans indemnité - un devoir de neutralité et de confidentialité, obligations incompatibles avec la défense effective des droits des étrangers placés en rétention.

En bref, le ministre de l’immigration veut des associations aux ordres, afin que les centres de rétention, loin de tout regard critique, redeviennent des espaces sans contrôle.




Publié dans War-Racism

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