Laurent Gbagbo à la cérémonie d'hommage à Aimé Césaire

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Laurent Gbagbo à la cérémonie d'hommage à Aimé Césaire

“Personne ne doit décider à la place des Africains”

 Le président de la République, Laurent Gbagbo, demande aux Africains de lutter pour leur autonomie.

 Issa T.Yéo

 

Immortaliser et donner tout son sens à la production littéraire d'Aimé Césaire. C'est le sens de la cérémonie d'hommage organisée  hier à l'Assemblée nationale par l'Académie des sciences, des arts, des cultures d'Afrique et des diasporas africaines (Ascad). Le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, tout en reconnaissant le mérite de l'illustre disparu, a saisi l'occasion pour affirmer, une fois de plus, son nationalisme. L'ex-président du Front populaire ivoirien, a affirmé que le salut de l'Afrique ne viendra pas de l'extérieur. «Il n'est pas question pour nous les Africains que quelqu'un d'autre décide pour nous. Les Africains doivent comprendre que personne ne viendra de dehors pour décider à notre place», a-t-il indiqué.

 

 S'appuyant sur la lettre de rupture de Césaire à Maurice Thorez,  représentant du parti communiste français, en octobre 1956, le président de la République a présenté les multiples facettes du communisme, parti dans lequel militait l'écrivain martiniquais. Le chef de l'Etat a conclu que l'œuvre de Karl Marx a marqué une rupture et une révolution dans la pensée du monde. Avant de déplorer que les Africains soient des suivistes. «Lorsqu'il y avait le communisme en Europe, tous les Africains avaient adopté ce courant de pensée», a-t-il décrié. Il a demandé aux intellectuels du continent de s'arrêter et de regarder dans le rétroviseur. «Il faut engager, a-t-il dit, le débat pour savoir ce qui reste du marxisme ou léninisme. Césaire a déjà ouvert la porte de ce débat.» Et de poursuivre :« Soyons Césariens. Ouvrons le débat. Ne le fuyons pas. Méditons en tout cas sur le débat qu'il a ouvert.»

 

Pour M.Gbagbo, l'Afrique ne retrouvera son indépendance totale que par la lutte. C'est pourquoi il a affirmé qu'il continue de lutter. L'ambassadeur de France, André Janier, a dit pour sa part qu'Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon Gontra Damas ont permis aux Africains, à travers la négritude, d'affirmer la fierté de leurs origines. Selon lui, l'action et l'œuvre de Césaire ont constitué un trait d'union entre la France et l'Afrique. Barthélemy Kotchy, vice-président de l'Ascad, a indiqué que Césaire et ses œuvres étaient un précieux héritage pour les générations futures. Cette cérémonie a été marquée par les témoignages de Bernard Dadié, Charles Nokan, Me Emile Dervain et Séry Bailly. Le professeur Zadi Zaourou  a souligné les mérites de l'écrivain au cours d'une conférence.

Publié dans contemporary africa

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