Comme autrefois l'exploitation à l'outrance des noirs est à l'origine de leur pauvreté et leur souffrance partout dans le monde

Publié le par hort



Les cuisiniers « sans-papiers » du restaurant « La Grande Armée » sont en grève pour exiger leur regularisation

Je travaille ici depuis neuf ans. Mais c’est la première fois que je m’assieds sur cette banquette», sourit Tama, en passant la main sur les fauteuils de velours rouge. Depuis deux jours, ce cuisinier est en grève illimitée avec huit de ses collègues, sur les quatorze que compte le restaurant la Grande Armée, à cinquante mètres de l’Arc de triomphe à Paris. Tous salariés en CDI. Tous sans-papiers. Tous prêts à aller jusqu’au bout, pour obtenir leur régularisation et de meilleures conditions de travail.
 
Hier, la direction avait rendez-vous avec la préfecture. En sortant, elle a annoncé qu’elle «engagerait toutes les démarches légales pour la régularisation» de ses salariés. Une forme de victoire moins de vingt-quatre heures après le début du mouvement. Mercredi, à l’extérieur du restaurant, dans le XVIe arrondissement, des banderoles sont tendues devant les baies vitrées. A l’intérieur, l’ambiance est surréaliste. Dans cet établissement cossu, propriété des frères Costes, avec dorures et lumière tamisée, les clients déjeunent tranquillement. Imperturbables. A quelques centimètres d’eux, les cuisiniers répondent aux questions des journalistes. Huit Maliens et un Ivoirien, en habit de travail avec toque sur la tête, veste blanche et autocollants rouge de la CGT collés dessus. Soutenus dans leur mouvement par la centrale syndicale et l’association Droits devant.
 
Tous expliquent avoir été embauchés avec de faux papiers, achetés plusieurs centaines d’euros. «En voyant ma carte, le chef cuistot a rigolé. Il m’a dit : c’est pas toi, ça !» explique Tama, aussi appelé Mamadou. Et pour cause. Le Malien recruté par le groupe dit avoir changé d’identité «à la demande du patron». La sécurité sociale venait d’envoyer une lettre, que le salarié a conservée, et sur laquelle on peut lire «Refus d’immatriculation».Selon le code de la sécurité sociale, une personne de nationalité étrangère «en situation irrégulière» ne peut bénéficier de cette couverture sociale. «Le patron m’a dit : “Tu n’es pas fainéant. Si tu trouves d’autres papiers, je te réembauche. T’as qu’à prendre l’identité de ton frère ou de ton cousin !”» Tama devient Mamadou, et obtient un nouveau numéro de sécurité sociale. Comme ses huit collègues âgés de 24 à 33 ans, il cotise aussi pour la retraite, s’acquitte de ses impôts. Et reçoit chaque mois une feuille de paie.
 
A deux tables, un serveur apporte l’addition. Comment les clients peuvent-ils déjeuner si les cuisiniers ne travaillent pas ? «Il reste six Sri-Lankais dans les cuisines.» Des sans-papiers ? «A votre avis ?» lance Raymond Chauveau. Ce responsable de la CGT, qui a mené la lutte des salariés sans papiers de Buffalo Grill, ajoute : «Tous les cuisiniers ont été embauchés en connaissance de cause. Les frères Costes sont bourrés de tunes : ils embauchent une main-d’œuvre bon marché qu’ils exploitent honteusement.» Jean-Claude Amara, porte-parole de Droits devant, parle «d’esclavage des temps modernes». Le tout pour un salaire variable de 1 000 à 1 700 euros en «fonction de nos performances», commentent les cuisiniers désabusés. Comprendre : «Si on travaillait bien et si on ouvrait pas notre gueule.»
 
«Tout ça est faux ! s’insurge le gérant, Bruno Garcia, trentenaire en costume sans cravate, ils m’ont donné des papiers que j’ai transmis à la Sécu et à la préfecture et tout a été validé !» Sur le trottoir, trois cadres avec veste en velours, jean bleu et chaussures en daim sortent fumer une cigarette. «Ca me fait chier, tout ce bordel !», ronchonne l’un d’entre eux.Vers 16 heures, mercredi, trois inspecteurs de l’Urssaf, prévenus par téléphone, débarquent dans le restaurant. La tension monte d’un cran quand un contrôleur s’impatiente de ne pas avoir accès au registre des salariés. «C’est vous qui me les amenez ?», demande-t-il au bras droit du gérant qui répond, goguenard : «Ils travaillent dessus !» L’inspecteur de l’Urssaf s’insurge : «Ça veut dire quoi ? Ils les mettent à jour ?» Un ange passe. Aussitôt, la direction les reçoit, avant de réunir dans la soirée les représentants des salariés. Hier, malgré l’espoir né du rendez-vous à la préfecture, les salariés s’apprêtaient à passer une deuxième nuit à la Grande Armée.
  
Un "marchand de sommeil" niçois condamné à 15 mois de prison ferme

NICE, 15 fév 2008 (AFP) 
Le propriétaire d'un immeuble de Nice accusé d'avoir loué des logements insalubres dans des conditions "incompatibles avec la dignité humaine" a été condamné vendredi à une peine de 15 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nice. Dix-nuit mois de prison ferme avaient été requis contre Michel Delhaye, 63 ans, qui écope finalement de trente mois de prison dont quinze ferme. Il devra également verser plusieurs milliers d'euros d'indemnités aux victimes: des personnes seules ou des familles qu'il logeait dans une trentaine de chambrettes de 7 à 15 m2 obtenues en divisant les six appartements d'un immeuble ancien du centre de Nice.
 
Ces logements, pour la plupart insalubres et sans installations aux normes, étaient loués pour plusieurs centaines d'euros à des personnes "vulnérables", notamment des handicapés ou des travailleurs immigrés, qui ne trouvaient pas à se loger sur le marché privé. Un couple de handicapés vivait ainsi dans un garage de 15 M2, sans ouverture ni aération, avec un taux d'humidité très élevé pour un loyer de 470 euros mensuel. Depuis l'arrestation du "marchand de sommeil", plusieurs locataires ont déposé des demandes de relogement auprès des services sociaux, dont quelques-unes ont abouti, tandis que d'autres attendent que des travaux soient réalisés par le propriétaire qui percevait, grâce à ces loyers, entre 9.000 et 10.000 euros chaque mois en espèces.

Grève de la faim à Bruxelles
 
150 personnes font la grève de la faim à Bruxelles. Depuis 45 jours.A travers ce mini-reportage, ils vous expliquent pourquoi.

Vous pouvez leur être d'une très grande aide en écrivant un mail au ministre Dewael.
patrick@dewael.com
Pour lui demander de régulariser ces sans-papiers qui vivent depuis de nombreuses années en Belgique.
Ils participent à l'économie du pays, mais n'y ont aucun droit. Ils veulent vivre.

http://fr.youtube.com/watch?v=hOSSWKtG_5k
 

 

Publié dans African diaspora

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