Australia to 'swap' refugees with USA/«Échange» de réfugiés entre l’Australie et les Etats-Unis

Publié le par hort

Australia to 'swap' refugees with USA

Amnesty International
The Wire - June 2007
 
In April, the Australian government agreed to a controversial refugee “swap” with the USA. The agreement authorizes the exchange of mainly Cuban and Haitian refugees, currently held by the US authorities at Guantánamo Bay, Cuba, with refugees, including Rohingya and Sri Lankans, “outsourced” by Australia to the Pacific island of Nauru. All the individuals affected by the deal already have formal refugee status.

While the swift resettlement of recognized refugees in safe countries is a good thing, the proposed “swap” is a poor solution and appears to be specifically designed to deter refugees from rightfully pursuing claims for protection by shuttling them from one region of the world to another, potentially separating families. UN High Commissioner for Refugees (UNHCR) guidelines clearly state that governments should endeavour to reunite refugee families. However, this agreement may well do the exact opposite.

The Australian government has for some years introduced measures designed to keep refugee families apart in order to deter refugees from coming to Australia. The temporary protection visa system introduced in 1999 denies refugees the ability to sponsor family to come join them and to travel outside Australia, thereby keeping them separated from family overseas. Later “refinements” to the scheme have meant that some refugees may be on such a visa for the rest of their lives. Australia has also previously kept the wives and children of recognized refugees in Australia stranded in Nauru. With the latest proposal it is looking to potentially send refugees far away from any family they may have in Australia.

In the USA, immigration reform negotiations currently revolve around the US government’s wish to restrict immigration for the purpose of family unity. Sending recognized refugees to the other side of the world is yet another way of keeping families apart.

Serious questions remain over the practicalities of any proposed swap, given the different emphasis and legislation each country has relating to who is and who is not a refugee. Even if Australia recognizes a person as a refugee, the USA may then reject the individual on the basis of domestic restrictions on admission. The US Department of State admits that blanket “material support of terrorism” laws are preventing thousands of legitimate refugees from entering the USA, and it has proposed legislation to address this anomaly. If a person already recognized as a refugee in Australia is part of the “swap” but is barred from US refugee protection due to poorly crafted law, will that person then be denied settlement in Australia?

Shuttling persecuted people from one shore to another is unacceptable. The USA and Australia must accept full responsibility for the refugees who risk their lives to secure protection in these countries.
 
«Échange» de réfugiés entre l’Australie et les Etats-Unis
 
 En avril, le gouvernement australien a conclu avec les États-Unis un accord controversé portant sur l’»échange» de réfugiés. Cet accord prévoit la possibilité d’échanger des réfugiés, majoritairement cubains et haïtiens, actuellement détenus par les autorités américaines à Guantánamo (Cuba), contre d’autres, notamment rohingyas et sri-lankais, «externalisés» par l’Australie vers l’île de Nauru, dans l'océan Pacifique. Il faut souligner que toutes les personnes concernées ont déjà obtenu le statut de réfugié.
 
Si la réinstallation rapide, dans des pays sûrs, de personnes reconnues comme réfugiées est une bonne chose, ce projet d'«échange» constitue en revanche une piètre solution. Il semble spécialement destiné à décourager ceux qui fuient leur pays de solliciter une protection légitime, car même s’ils obtiennent le statut de réfugié, ils risqueront d’être transférés d’une région du monde à une autre, et par là même d’être séparés de leur famille. Les directives du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) indiquent clairement que les gouvernements devraient s’efforcer de réunir les familles. Or, le présent accord pourrait bien aboutir au résultat exactement inverse.
 
Le gouvernement australien a depuis quelques années adopté des mesures visant à maintenir séparées les familles de réfugiés, afin de dissuader ceux qui l’envisageraient de venir chercher asile en Australie. Le système de visas de protection temporaire mis en place en 1999 prive les refugiés de la possibilité d’aider leur famille à les rejoindre et de voyager hors de l’Australie, ce qui a pour résultat de les tenir éloignés de leurs proches vivant à l’étranger. De plus, du fait de certains «réajustements» effectués par la suite, des réfugiés risquent aujourd’hui d’être soumis à ce régime jusqu’à la fin de leur vie. Par le passé, l’Australie a déjà maintenu à l’écart sur l’île de Nauru les femmes et les enfants d’hommes dont le statut de réfugié avait pourtant été reconnu sur son territoire. Avec son dernier projet, elle espère pouvoir envoyer des réfugiés très loin de la famille qu’ils pourraient avoir en Australie. Aux États-Unis, les négociations portant sur la réforme de la politique d’immigration s’articulent actuellement autour de la volonté du gouvernement américain de restreindre l’immigration liée au regroupement familial. Le fait d’envoyer à l’autre bout du monde des personnes reconnues comme réfugiées constitue un autre moyen de maintenir les familles séparées.
 
D’importantes questions subsistent quant aux aspects pratiques des «échanges», étant donné que chaque pays a sa propre législation et ses propres critères en ce qui concerne l’attribution du statut de réfugié. Même si l'Australie reconnaît un individu comme réfugié, il se peut que les États-Unis refusent à cette personne le droit d’entrer sur leur territoire, en invoquant des restrictions prévues par la réglementation nationale. Le département d’État a d’ailleurs admis que les lois générales relatives au «soutien matériel au terrorisme» empêchaient des milliers de réfugiés légitimes d’entrer aux États-Unis et il a déposé un projet de loi visant à corriger cette anomalie. Si une personne dont le statut de réfugié a été reconnu par l’Australie et qui est incluse dans un «échange» se voit refuser par les États-Unis, en raison de lois mal conçues, la protection prévue pour les réfugiés, sera-t-elle également privée du droit de s’installer en Australie?
 
Il est inacceptable que des gens persécutés soient expédiés d’un continent à un autre. Les États-Unis et l’Australie doivent assumer toutes les responsabilités qui leur incombent à l’égard des réfugiés qui risquent leur vie pour trouver une protection sur leur territoire.

Publié dans world

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article