Reactions au discours de M. Sarkozy

Publié le par hort

Allocution de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, pronnoncé à l'Université de Dakar
Dakar, Sénégal, le 26 juillet 2007 
 

En visite d'Etat au Sénégal - SARKOZY fait la leçon aux Africains

Wal Fadjri (Dakar) ANALYSE
27 Juillet 2007
By Aguibou KANE
Dakar 

Pour une leçon inaugurale, Nicolas Sarkozy n'a pas eu droit hier, à l'Ucad II, à des ovations à la fin de son discours. Parce qu'une grande partie de son auditoire n'a pas du tout apprécié de le voir ainsi s'ériger en donneur de leçons. La leçon dite inaugurale d'hier de Nicolas Sarkozy, si c'en est une, n'a pas eu l'effet escompté. Le propre d'une leçon est d'être retenue et assimilée. Or, après le dernier mot prononcé dans son speech, le président français n'a pas eu droit au standing ovation qui sied en pareilles circonstances. C'est à peine si des étudiants, exacerbés, n'ont pas été tentés de le huer. La mine peu réjouie de nombre de personnes au sortir de la salle de l'Ucad II en dit, aussi, long sur la réception mitigée que le discours a eu auprès de l'assistance.
 
C'est que Sarkozy a vraiment pêché. Emporté par sa fougue caractéristique et ses vérités crues, l'hôte du Sénégal a fait plus dans le dénigrement qu'il n'a cherché à convaincre encore les sceptiques quant à ses capacités à changer le cours de l'histoire, en apportant une nouvelle orientation dans les relations entre son pays et le continent noir et que les Africains plus que les Français appellent de leur vœu. Hélas, le théoricien de 'l'émigration choisie' a donné raison à ceux qui doutaient qu'il venait chez nous, non pas pour échanger et voir ensemble comment rendre plus fécondes et dans un respect mutuel, les relations séculaires entre la France et l'Afrique, mais pour tenter de nous humilier. En fait, c'est ainsi que nombre d'universitaires et étudiants présents à l'Ucad ont perçu l'exercice auquel s'est livré hier l'hôte du président Wade.
 
Comment dans ce prestigieux temple du savoir où d'éminents intellectuels français ont contribué à former d'illustres fils du continent et qui font aujourd'hui la fierté de l'Afrique entière, Sarkozy a-t-il osé soutenir que nous portons en nous les germes de l'anti-développement, se sont demandés bien des membres de son auditoire. En fait, ainsi que l'ont souligné des universitaires présents dans l'amphithéâtre, le président de la République française ne connaît pas l'Afrique. Sinon, croient-ils savoir, il n'aurait pas considéré que, dans notre 'univers où la nature commande tout', nous restons, nous autres Africains, 'immobiles au milieu d'un ordre immuable où tout est écrit d'avance'. Aberration ne pouvait être plus infâmante, à leurs yeux. Pourtant, parmi les illustres personnes l'ayant accompagné dans son périple africain, il y a une Sénégalaise bon teint qui occupe un poste stratégique dans le gouvernement français, mais aussi reste au cœur de son dispositif politique. Ou faut-il finalement croire que Rama Yade n'est là que pour amuser la galerie, mais pas du fait d'une compétence avérée. Combien, en outre, sont-ils, ces Africains à se hisser au rang des meilleurs de ce monde ? Ou encore combien sont-ils ces jeunes génies natifs de l'Afrique qui n'ont pu assurer leur épanouissement intellectuel du fait d'un système éducatif imposé en contrepartie d'une aide étrangère ?
 
Sans vouloir faire l'apologie de la violence en Afrique, est-ce vraiment l'apanage du continent noir, ainsi qu'a semblé le soutenir Nicolas Sarkozy. A-t-il oublié les massacres de Serbie ? Sont-ce les Africains qui s'entretuent en Irlande du Nord ? N'y a-t-il pas d'autres foyers de tension en Europe ou ailleurs qu'en Afrique ?
 

Sarkozy suscite une polémique

La Tribune (Algiers)
ACTUALITÉS
28 Juillet 2007
By Faouzia Ababsa
 
Après ses déclarations sur le passé colonial de la France
 
«Je ne suis pas venu effacer le passé, car le passé ne s'efface pas. Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes», a déclaré en substance le nouveau locataire de l'Elysée. Nicolas Sarkozy reconnaîtra, à partir de la capitale sénégalaise, les méfaits du colonialisme et il en citera même quelques-uns : «Il y a eu la traite négrière, il y a eu l'esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l'homme, un crime contre l'humanité.» Et l'ex-ministre de l'Intérieur d'ajouter : «La colonisation fut une grande faute.» Cependant, Nicolas Sarkozy mettra de l'eau dans son vin en imputant les problèmes de l'Afrique post-coloniale aux Africains eux-mêmes : guerres, génocide... Effaçant d'un revers de la main le soutien de la France aux plus grands dictateurs africains.
 
 Le discours de Sarkozy a été, faut-il le souligner, boycotté par l'opposition sénégalaise et a suscité en plus une véritable polémique dès lors que le nouveau locataire de l'Elysée s'est bien gardé d'exprimer la moindre repentance. Tous ces propos ont été tenus dans la capitale sénégalaise par celui dont le groupe parlementaire avait voté la loi louant les mérites de la colonisation, à l'époque où il était le premier patron de la sécurité française. Une sorte de repentance indirecte, même si Sarkozy s'est gardé de s'en excuser.
 
Toutefois, le discours du président français, accompagné de gesticulations, s'est voulu beaucoup plus paternaliste que partenarial, comme il s'est plu à revendiquer les nouvelles relations France-Afrique. Un discours qui n'a pas laissé indifférents les Sénégalais, notamment la presse de ce pays. «En visite d'Etat au Sénégal, Sarkozy fait la leçon aux Africains», est le titre à la une du quotidien Walfadjri qui ironisait sur «l'adresse de Sarkozy aux Africains muée par une leçon de français».
 
Le journal Sud quotidien écrit, par ailleurs, que le chef de l'Etat français s'est cru «en mission civilisatrice». Quant au quotidien Le Populaire, qui s'est voulu moins agressif, a titré à la une «Les vérités de Sarkozy aux Africains : arrêtez de pleurnicher». Seul le quotidien proche de la présidence sénégalaise s'est voulu nuancé, voire approbatif en titrant «Hauteur républicaine». Pour sa part, le journaliste et essayiste Abdou Latif a estimé que le discours de Sarkozy était «insultant pour l'Afrique. Le président français se fait passer pour un homme au franc-parler et développe des thèses révisionnistes en dénonçant des hommes [mauvais] et non un système, ce qui est désespérant de sa part». La classe politique sénégalaise a également réagi au discours de Sarkozy. «Il n'a pas été à la hauteur de nos attentes», a estimé le responsable du Parti socialiste sénégalais


LES HYENES ou LA FOURBERIE DES DIRIGEANTS AFRICAINS
28 juillet 2007
 
Cet article a été publié le 27 mai 2006 sur les OGRES. 1 an 2mois et 1 jour, il prend toute sa signification avec la récente tournée de Nicolas Sarkozy et les comportements lâches, fourbes, gloutons et vils de certains dirigeants déjà cités et qui perpétuent le culte de l'imbécillité qui leur colle bien à la peau.
 
Préférant le choix de son immigration à celle qui lui serait imposée, les propos de Nicolas Sarkozy, même au-delà des frontières de son pays, ont suscité de vives réactions de la part de ceux et de celles qui voient en cette formule, une autre façon de « piller » certains pays, surtout d’Afrique de ses forces vives. L’histoire n’est que répétition, on prend les mêmes et on recommence.Relevant plus de la démagogie, que sur des faits avérés, jouant sur le lyrisme de circonstance et la formule qui tue, le terme d’immigration « choisie et non subie » est utilisé par le ministre de l’intérieur à des fins plutôt électoralistes, dans la recherche des boucs émissaires, pour justifier un contexte socio économique morose, terne et arrosé de scandales divers dont le « chapeau » serait pour le mieux porter par les étrangers, africains de surcroît. Il est de bon aloi et plus facile de s’attaquer aux plus vulnérables que de se confronter à la réalité des problèmes. La vague de contestations que connait le pays n’a pas toujours convaincu certains de se défaire de la politique d’autruche.
 
Mon interrogation porte non sur cette formule car m’étant longuement exprimé sur la question (1), mais sur la synonymie entre immigration choisie et l’Afrique. Il est vrai que les récentes révélations de Philippe de Villiers affirmant qu’il existe plus de médecins béninois en France qu’au Bénin aident à mieux comprendre cette logique. Les déplacements au Mali et au Bénin du ministre de l’intérieur confirment que la cible est africaine ; sinon quelle est la nécessité d’aller expliquer une loi franco-française aux africains ? Pour ma part, ce qu’il faudrait comprendre au-delà de nos émotions, c’est la grande nécessité pour une grande partie d’africains de rompre avec la vision d’un monde idéal que représenterait l’Europe, vision qui continue d’habiter beaucoup de nos frères et sœurs africains et que la francophonie continue de propager sans vergogne dans ses "territoires".
 
La formule de Sarkozy qu’on le veuille ou pas, a le mérite de dire haut et fort ce que la classe politique dirigeante et de l’opposition dans son ensemble (à l’exception du F.N) pense ; et au lieu de s’insurger contre ce que tout le monde fait semblant de découvrir seulement aujourd’hui, les africains en particulier et les Noirs en général feraient mieux de s’organiser et de s’unir en lieu et place des jérémiades. Car même la gauche "amie des Noirs" aujourd’hui qui joue les effarés, a montré tout son mépris pour les africains et les Noirs en particulier, seuls les intérêts économiques comptent. Au lieu de se laisser endormir par des émois de pacotille, et compassions de façade, il est important de se concentrer sur l’essentiel et l’essentiel serait de dire NON à la françafrique et sa pléiade de gangsters en place.
 
Ce n’est pas tant la formule de Sarkozy que l’attitude du délinquant sénile qui dirige le Sénégal qui m’a choqué. Lorsqu’il affirme "J’estime que ceux que je forme, on doit me les laisser. Il faut que je rentre quand même dans mon argent, je ne forme pas des hommes pour qu’ils viennent développer la France".  Quelle fourberie ! C’est bien d’avoir des sursauts d’orgueil, et de penser aux siens lorsque l’on est pris dans son propre jeu ; monsieur WADE comme tous les dirigeants des Pays africains à l’exception des MUGABE et autres GBAGBO qui osent dire les choses, sont des valets, les mains visibles de la Françafrique et de la Francophonie, du colonialisme français plus que présent en Afrique.
 
D’ailleurs notons que cet individu parle des Sénégalais comme s’il s’adressait à ses enfants, la prédominance du "JE", bref le paternalisme de ses propos, la marque de fabrique de la France en Afrique ressort ici par le biais d’une de ses ouailles et non des moindres. Celui qui incarne l'indignité, le symbole de la courbette bête et lâche. Le dadais par excellence.Qu’a fait WADE pour donner des conditions idéales aux sénégalais désireux de rentrer ou de rester sur place ? Comme ses acolytes dont nous connaissons tous les noms, l’apologie de la France est son leitmotiv. Pour ne citer que quelques exemples, d’un manque de fierté criard de ce monsieur, comme de l’ensemble des corrompus dirigeants africains, rappelons nous que :En 1998 lorsque le Sénégal bat la France  dans un match de coupe du monde, ne s’est-il pas empressé de déclarer que cette victoire est aussi celle de la France ? Peut-on être plus clair que cela dans l'aliénation ?
 
N’est-ce pas lui qui fait venir au Sénégal toute une escorte d’agriculteurs français en panne en France pour les introduire au Sénégal afin qu’ils se fassent une santé, du blé au détriment de l’agriculteur Sénégalais ? Lorsqu'il ne traine pas une femme "blanche" comme première dame. A-t-on vu ailleurs dans un autre continent une Noire comme première dame ? Le NEPAD, cette machine foireuse qui se doit d’être dirigée hors du continent, parce que monsieur Wade, dit ne pas trouver d’Africains compétents dans le terroir ? Qu’avez-vous fait pour qu’ils restent ou reviennent ?Pourquoi les africains de par certains de leurs dirigeants, se voient imposer l’inacceptable ? Parce qu’ayant comme compagne une compatriote de monsieur Sarkozy,monsieur Wade a cru qu’il peut s’immiscer dans la politique intérieure de la France, comme le ferait Sarkozy ou Chirac dans celle du Sénégal.
 
Conseillez à vos "beaux-frères" monsieur Wade, de prendre des premières dames venues du Sénégal et peut-être vous pouvez aussi avoir un mot à dire dans la sauce interne de la France. Tout (jugé inacceptable dans ces sociétés) ce que les autres dirigeants du monde ne font pas, les dirigeants africains ne s’en privent pas.Les africains, se voient affublés tous les maux et mots, par le comportement indigne et mesquin de leurs gouvernants. Ces farceurs de dirigeants qui fragilisent partout dans le monde l’Africain, l’exposant à toutes les railleries. En quoi cette mesure touche t-elle ces suppôts du mal que sont les dirigeants africains à l’instar de WADE qui brasse du vent pour la circonstance ? N’a-t-il pas ses entrées et sorties à l’Élysée garanties ce par la vente à petits prix du Sénégal à la France, comme le font les BIYA, SASSOU, BONGO etc....
 
Je suis parfaitement d’accord avec monsieur Sarkozy lorsqu’il lui rétorque et à ceux des valets dirigeants africains qui hurlent au loup, pour voiler leur incompétence et leur couardise meurtrières : "c’est un malentendu. L’immigration choisie, c’est choisi par la France et par les pays d’émigration".Je veux lui dire que ce n’est pas moi qui définit les conditions d’immigration au Sénégal, ce n’est pas lui non plus qui définit les conditions d’immigration en France". Après vous avoir ridiculisé de la sorte, vous avez le courage une fois de plus de le laisser souiller la mémoire de l'esclavage à l'UCAD. Comme disait ma grand-mère, l'idiotie est une maladie très grave.
 
Plus qu’un malentendu, c’est d’une naïveté et d’un narcissisme béats que font montre ces dirigeants africains à qui l’on apprend encore les rudiments de la politique. Malgré la violence de ses propos, mais accordons à Nicolas Sarkozy la présomption de parler et de défendre les intérêts de la Franceaussi maladroit qu’il puisse être. Et seuls les français et françaises jugeront le moment venu. Ils l'ont jugé et ils lui ont accordé leur confiance. Au lieu des jérémiades, il faut agir pour la défense des intérêts des Africains en prenant des dispositions qui favorisent les Africains dans leur continent.  Vous pouvez aussi durcir les lois sur l'immigration des Français en Afrique . Que faites-vous à la place, vous pleurnichez et vous accueillez celui qui vous piétine comme un "roi".
 
Mais que font ces délinquants, ces pontes de la médiocratie, ces "gouvernants gouvernés" africains ? Ils bradent à vils prix leur pays respectif, sacrifiant la population sur l’autel de la cupidité et la livrant à une mort certaine et sure. Au lieu de défendre les intérêts de l’Afrique, ils défendent un asile, l’heure de la retraite sonnée,sous la neige à paris ou dans un département français prêt à accueillir des meurtriers en fin de carrière. Comme des hyènes, ils viennent se nourrir des cadavres de leurs victimes. Tel est le comportement de ces dirigeants à la solde d’une politique meurtrière décidée depuis les hautes sphères de la Françafrique.  Que les dirigeants Africains de nationalité française ou occidentale perpétuent. Vous êtes des étrangers, des imposteurs pour la plupart avec des passeports étrangers à la tête des pays africains.
 
La riposte de monsieur Sarkozy à l’endroit de monsieur Wade est claire et pour tout sain d’esprit, on l’applique au lieu de pleurnicher. Nous verrons si un seul dirigeant africain prendra des mesures allant dans ce sens au lieu de continuer à courber l’échine.Qu’attendent ces "imbéciles heureux" pour durcir les conditions d’entrée dans leur pays pour les Français et faire valoir la réciprocité du traitement. Pourquoi faut-il que lorsqu’un africain veut entrer en France, qu’il connaisse toutes les tracasseries, les mortifications mêmes les plus inimaginables alors que l’inverse n’est pas vérifié. D’ailleurs le vocabulaire lui même est révélateur ; d’un côté on parle d’immigré et de l’autre de coopérant. Quand est ce que cette attitude de subordination prendra t-elle fin ?
 
Il n’est un secret pour personne que la France avec la Francophonie et la Françafrique perpétue sa campagne colonisatrice sur le continent africain dans le seul but de s’assurer ses approvisionnements divers à vils prix, grâce à la complicité de ses domestiques gloutons. Ces imbéciles agissent aujourd'hui sans "complexe" fort de la nouvelle directive venue  tout droit de l'Elysée.Pourquoi les dirigeants africains ne dénoncent-ils pas les accords de coopération qui existent avec la France et dont les seuls avantages vont à la seule et unique France et non à l’Afrique, sinon quelques subsides que se partagent les valets pour services rendus. Les quelques personnes qui osent en parler sont montrées du doigt ce, même par les africains, quand ils n’ignorent pas de quoi il s’agit.
 
Sarkozy, va jusqu’à narguer les dirigeants africains chez eux et ils continuent à lui dérouler le tapis. Le voyage en Afrique du ministre de l’intérieur a montré l’écart entre les réelles motivations des populations africaines et ses dirigeants. Ce qu'il vient encore de faire avec la bénédiction du gourou du Sénégal et du doyen du Gabon. Aucune fierté comme celle dont a fait montre le dirigeant Libyen.Donc WADE comme tous les autres dirigeants africains qui ne se voient eux-mêmes que par le prisme de la France doivent se taire quand il s’agit de la politique franco-française et se mêler de leurs problèmes au lieu de venir hurler des inepties, car ils ne représentent pas les populations africaines. Et s’ils prétendent travailler pour les africains, alors qu’ils commencent à ne plus être des représentants de la France en Afrique, mais des africains qui travaillent pour le bien-être des africains.
 
Cette imbécillité relevant, croyons-nous maintenant de la pathologie, de certains dirigeants cause un réel et sérieux tort à l'Afrique et aux Africains. 
 . 
Le franc parler de Hort   
Grâce à Internet, le monde peut savoir ce que les Africains pensent vraiment du discours de M. Sarkozy. Les média disent que M. Sarkozy aime la franchise et qu’il est direct, je vais donc y être aussi. Premièrement, son discours n’est rien d’autre que du bla, bla, bla et langue de bois. Au lieu d’insuffler une nouvelle énergie au monde africain, il a répété les mêmes clichés que tous ses prédécesseurs depuis l’indépendance. Il a parlé « de son amitié forte et sincère, du co-développement et d’un nouveau partenariat ».  C’est ainsi qu’ il perçoit le continent qu’il dit tant aimer. Il considère l'Afrique comme un " continent  meurtri avec une démographie trop forte". Plusieurs fois, il a parlé « du drame de l’Afrique » et « du problème de l’Afrique ». Je pense que les africains ne sont plus dupes. Sa visite a surtout démontré pourquoi il faut en finir avec la françafrique qui n’a jamais rien apporté à l’Afrique après 60 ans d’amitié. Comme dans les affaires, l’Afrique aujourd’hui doit chercher des relations gagnant-gagnant mais hélas ce n’est pas avec la France qu’elle peut développer ce type de relation.
 
Ma deuxième critique concerne la part de responsabilité de l’Afrique dans son propre malheur. Tout en disant la vérité  «  il est vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu'ils devaient penser, ce qu'ils devaient croire, ce qu'ils devaient faire. Ils ont coupé vos pères de leur passé, ils leurs  ont arraché leur âme et leurs racines ». Il a nié toute responsabilité avec les phrases suivantes. « L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur, » et « je ne suis pas venu vous parler de repentance. » J’avais assisté à une conférence du professeur Bwemba Bong il y a 3 ans où il nous prévenait que nous entendrions ce type de discours de la part des politiciens français en guise de réponse aux noirs de la diaspora qui parlent de plus en plus de réparations pour le crime de l’esclavage. En rendant l’Afrique en partie coupable, M. Sarkozy veut minimiser, voire effacer le rôle de la France et sa responsabilité dans la traite atlantique. 
 
C'est pour cette raison que je demande à M. Sarkozy, quels africains ont construit des bateaux pour aller kidnapper mes ancêtres en Afrique ? Quels africains ont emmené mes ancêtres sur leurs bateaux vers le nouveau monde ? Quels africains les ont brutalisés, les ont torturés et les ont fait travailler comme des ânes du matin au soir aux Antilles pendant 300 ans ?  Quels africains ont déraciné mes ancêtres de leur famille, de leur culture, de leur religion et j'en passe? Finalement, quel part de responsabilité donnez-vous à l’Afrique dans le maintien de mes ancêtres dans l’esclavage aux Antilles pendant 300 ans?  Jean-Philippe Omotundé avait raison de souligner que pour ce méga crime dû au lavage de notre cerveau depuis l'esclavage, la version de la victime et celle du criminel est souvent identique. Si on y réfléchit bien, on peut voir tout de suite que la responsabilité partagée est une idée illogique. M. Sarkozy, je ne connais que les occidentaux pour avoir pratiqué ce crime chez nous. Par conséquent, l’occident est 100 % responsable du malheur des africains sur son continent ainsi que dans la diaspora.

J'arrive maintenant aux  bienfaits de la colonisation. Selon M. Sarkozy la colonisation « a pris mais je veux dire avec respect qu'il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir.». L’année dernière dans une interview, M. Philipe d’Ouste Blazy avait déjà dit la même chose et cela m’avait choqué. Ces phrases montrent leur degré d’ignorance au niveau de leur propre histoire. M. Sarkozy, savez-vous qu’au 11ème siècle, (4 siècles avant la traite atlantique) il y avait 20 000 étudiants et 3 000 professeurs à l’université de Tombouctou au Mali ? Savez-vous que Tombouctou a eu une telle influence en Europe que les universités d’Oxford et de Cambridge en Angleterre furent  fondées par les anciens étudiants de l’université de Tombouctou ? Savez-vous que l’on a retrouvé 700 000 manuscrits que les sages africains avaient cachés lors de l’invasion des portugais au  Mali ? (Ce n’est que récemment que les occidentaux ont appris que les livres sont faits pour être lus et non pas pour être brûlés). Aujourd’hui, il n’y a que le président d’Afrique du Sud, M. Thabo Mbeki, qui tente de sauver ces écrits Africains, puisque on préfère continuer à perpétuer le mythe d’une Afrique orale. (Visitez la Fondation Tombouctou sur nos liens pour en savoir plus sur ces manuscrits).  Savez-vous aussi que c’était à cause de leur excellente santé que les africains furent choisis pour bâtir le nouveau monde et non pas une autre race? 

Par conséquent, le fait que les colons durent fonder des écoles et des hôpitaux en Afrique est la preuve même de la dévastation de l’Afrique par l’occident par la traite entre le 15ème et 18ème siècle. Et cela ne s’est pas amélioré puisque la santé des africains aujourd’hui est pire qu’au 11ème siècle. Depuis lors, l'Afrique n'a pas arrêté de régresser. L’occident a fait régresser plutôt que progresser le continent. Le cas du Mali illustre parfaitement le problème.  Ce pays qui a créé la première université dans le monde a un taux d’analphabétisme aujourd'hui qui atteint 81%. Voilà les bienfaits de votre colonisation.
 
Je me sens toujours insultée par les occidentaux qui veulent nous donner des leçons de morale et autres. Les africains n’ont aucune leçon à recevoir de M. Sarkozy. C’est l’occident qui a commis les plus grands génocides et massacres sur cette planète. C’est l’occident qui a volé, exploité, brutalisé, torturé, déshumanisé et augmenté la haine entre les différents peuples. Par contre, c’est l’africain qui a civilisé l’occident. C’est grâce aux efforts de nos illustres ancêtres que nous avons fait cesser la pratique barbare de l’esclavage sur cette planète. Ce sont nos ancêtres qui ont lutté pour la démocratie et les droits de l’homme. Ce sont encore nos ancêtres qui ont montré à l’occident que lyncher des gens, pratiquer  la ségrégation raciale et l’apartheid étaient des concepts primitifs. C’est nous, leurs héritiers  qui aujourd’hui continuons de  souligner le barbarisme à savoir,  forcer des gens à vivre dans des ghettos,  pratiquer l’inégalité socio-économique, exploiter des gens à outrance pour le profit et fabriquer des bombes et  armes nucléaires à des fins militaires pour maintenir sa domination. Hier, c’était nos ancêtres, aujourd’hui, c’est nous (sauf ceux qui imitent l’occident), qui continuons à maintenir les plus hautes valeurs morales, éthiques et humaines sur cette planète malgré le monde inhumain qu'ils ont créé. Donc M. Sarkozy n’a aucune leçon a donné aux africains. Par contre, c’est nous qui devons lui en donner.
 
Par exemple, s’il veut aider l’Afrique, il encouragera les africains surtout les chefs d'états, à réactiver « le concept de vitalité du roi». Beaucoup de gens ne savent pas que la dictature, le despotisme et la tyrannie sont arrivés en Afrique avec l’occident. « La vitalité du roi» stipulait que le roi ne pouvait pas régner au-delà de 7ou 8 ans. Après cette date, il était tué. En d’autres termes, dans l’Afrique traditionnelle, il était impossible qu'Omar Bongo par exemple,  reste au pouvoir pendant 40 ans, parce que les rois africains étaient tués après 8 ans de règne pour maintenir la vitalité et le dynamisme du trône et de la société africaine. Ce concept africain a été adopté par les américains dans leur constitution, voilà pourquoi la société américaine est si dynamique.  C’est un concept africain que d’autres ont adopté, tandis que la société africaine stagne avec des concepts étrangers, tels que des "présidents à vie." Il est impératif que l’Afrique  réactive « la vitalité de ses leaders» parce que c'est grâce à ce concept que l'Afrique fut si puissante pendant des millénaires.
  
Une autre chose que M. Sarkozy peut faire concrètement dès son retour en France pour aider les Africains, c’est d’interdire les chalutiers français d’aller pêcher dans les eaux sénégalaises par exemple. Depuis des millénaires les sénégalais vivent de la pêche mais aujourd’hui les pêcheurs sont tous en chômage et souffrent de carence en protéines à cause du manque de poisson dans leur alimentation. Les sénégalais qui échouent et meurent au large de l’Espagne quittent leur pays parce que les pêcheurs français et espagnols viennent pêcher dans leurs eaux territoriales avec leurs grands filets et les privent de leur gagne-pain. Par conséquent, ils n’ont d’autre choix que de partir chercher leur gagne-pain ailleurs. Cette seule action donnerait une poussée à l’économie sénégalaise, encouragerait la jeunesse à rester chez elle,  et diminuerait le flux migratoire vers l'Europe que M. Sarkozy affiche comme son objectif.
 
Finalement, je suis d’accord pour que le sort de l’Afrique reste entièrement dans les mains de ses enfants (sur le continent et dans la diaspora)  et dans celles de personne d’autre. Au lieu d'aller écouter les africains pour  connaître leurs vrais besoins, M. Sarkozy est allé chez eux pour leur dire ce que veut la France. Franchement,  M. Sarkozy,  je pense qu'aujourd’hui la jeunesse Africaine commence à avoir sa propre vision concernant son continent  et par conséquent s'en fiche de ce que veut la France.
 
(corrigeé par Harryet)

Publié dans contemporary africa

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