Guinea:stop systematic torture/Guineé:arreter la torture systematique

Publié le par hort

Guinea: Security forces still a threat
 27/06/2007
 
 
Amnesty International today called on the Guinean authorities to take immediate measures to stop security forces from using excessive force against unarmed civilians in policing operations. The organization also called on the government to provide judicial and material reparations to the families of over 130 killed and to the more than 1,500 injured during weeks of violent repression of mainly peaceful protests in January and February 2007.
 
 
Following an investigation by Amnesty International into the conduct of Guinean security forces during general strikes and demonstrations in the country earlier this year, the organisation today released a report Guinea: 'Soldiers were shooting everywhere', accusing the security forces -- including the army, gendarmerie and police -- of deliberately using firearms against civilians, including three year old children.
 
 
Information gathered by Amnesty International researchers in Guinea indicates that many members of the security forces who were involved in the shootings came from the Presidential Guard (known as the "red berets") -- an army unit answerable to the Chief of Defence Staff and based at the President's residence.
 
Corroborative information demonstrates that the security forces carried out extrajudicial executions and used excessive force by in many cases aiming at the vital organs of demonstrators, or by shooting in the back anyone attempting to flee. On 17 January 2007, a young high school student was killed by red berets. A witness told Amnesty International:
 
 
Another military unit called the "Rangers" also took part in the killings. This elite corps of paratroopers, set up in 2001, is expert in "bush combat" and received training from the US and China. In addition to killings, a number of women were raped by soldiers or masked men in military uniform. In Conakry, on 13 February 2007, a 32-year- old woman was raped at her home, the day after the state of siege:
 
 
Dozens of people were also arrested, with many tortured while in custody. This included being subjected to a form of torture known as "Chinese torture," which involves the arms being crossed behind the back in handcuffs. One young man accused of participating in demonstrations who was subjected to this form of torture told Amnesty International researchers, "They walked on me, kicked me in the chest and beat me with batons, saying 'You want change? You'll get change.'"
 
In May 2007, the new government established an "Independent National Commission of Inquiry" to look into the actions of the security forces. Amnesty International welcomes this initiative, but believes that given the climate of total impunity that has reigned in the country for decades, establishing the truth and bringing justice will not be easy.
 
 
 
Guinée: recours systématique à la torture


Lors d’une récente visite en Guinée, Amnesty International a constaté que la torture et les mauvais traitements étaient fréquents pendant la période de détention précédant le procès.
 
Au moins 136 personnes sont mortes et 1 700 ont été blessées lorsque la police guinéenne a réprimé des manifestations antigouvernementales en janvier et février de cette année. Plusieurs ont été torturées après leur arrestation, ce qui n’a malheureusement rien  d’exceptionnel. Lorsqu’elle s’est rendue dans la région en avril, Amnesty International a réuni des éléments prouvant clairement l’usage systématique de la torture par les forces de sécurité guinéennes.
 
« Vers 4 heures du matin, le 24 février, ils [la police] sont rentrés chez moi et m’ont frappé, a raconté à Amnesty International un militant de l’Union des jeunes de Guinée. Ils m’accusaient d’être un meneur de grève [réclamant le départ du chef de l’État, Lansana Conté]. Ils ont continué à me frapper dans leur véhicule et au commissariat.» Le jeune homme a été libéré sans inculpation après avoir versé une somme d’argent, mais il a été réarrêté le 21 mars et placé en détention dans la capitale, Conakry.
 
« Ils m’ont menotté les deux bras derrière le dos avec les bras croisésselon la méthode appelée "les menottes chinoises". Ils m’ont marché dessus en disant: "Vous voulez le changement? Vous allez avoir le changement." Ils m’ont attaché les coudes dans le dos avec une corde et un bâton au milieu pour la serrer. Certains détenus étaient suspendus au plafond avec une corde.» Des «aveux» obtenus sous la contrainte.
 
Les détenus sont non seulement torturés, mais ils sont aussi enfermés dans des cellules surpeuplées et ne peuvent satisfaire leurs besoins les plus élémentaires. Amnesty International s’est entretenue avec un chauffeur âgé de cinquante ans, membre d’un parti d’opposition, qui avait été arrêté en février. «J’ai été détenu pendant quatre jours avec trois autres personnes dans une cellule d’un mètre carré sans nourriture, a-t-il déclaré. J’ai dû payer pour aller dans la grande cellule.»
 
À Kindia et à Conakry, Amnesty International a rencontré de nombreux condamnés à mort affirmant avoir été torturés en détention avant leur procès, dans certains cas jusqu’à ce qu’ils «avouent» des crimes qu’ils n’avaient pas commis. « Quand j’ai été arrêté par la gendarmerie, on m’a menotté, les bras croisés derrière le dos, de 18 heures à 2 heures, tous les jours, a expliqué un détenu de la prison civile de Conakry. Ils m’ont mis "en brochette". Ils m’ont menotté avec une chaîne, les mains sous les cuisses. On me poussait la tête en bas et on me mettait les pieds en l’air. J’ai fini par avouer et dénoncer certains de mes amis.» Ce détenu et cinq autres, dont un mineur, ont été condamnés à mort pour meurtre sur la base de ces «aveux».
 
Amnesty International a abordé la question de la torture avec la nouvelle ministre de la Justice. Celle-ci a reconnu qu’il s’agissait d’un réel problème et a expliqué que sa priorité était de faire en sorte que les avocats soient présents dès les premières heures suivant l’arrestation. Le ministre de la Sécurité a de son côté indiqué que des enquêtes avaient été ouvertes sur certaines allégations de torture. Cependant, aucun des hauts responsables qu’Amnesty International a rencontrés n’a pris l’engagement que les auteurs de tels actes seraient poursuivis en justice. Tant qu’il en sera ainsi, la torture restera la norme en Guinée.
 
 

Publié dans contemporary africa

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