Accord de coopération entre Vénézuela et Haiti

Publié le par hort

Lundi 25 Juin, 2007

Le Parlement vénézuélien ratifie l'accord de coopération ALBA-Haïti 
voxnr.com


Des brigades de coopérants cubains et vénézuéliens devraient bientôt passer à l'action ; un tournant dans le processus d'intégration d'Haïti dans l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques

Le Parlement vénézuélien a adopté vendredi à une écrasante majorité l'accord-cadre établissant une coopération entre l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et Haïti, rapporte une dépêche de l'agence cubaine Prensa Latina datée de Caracas.

Le texte de loi stipule que dans ce partenariat, Cuba apportera à Haïti son expérience en matière d'éducation et de santé. A cet effet, un personnel technique spécialisé participera à l'exécution des projets convenus entre les parties.

Pour sa part, le Vénézuéla offrira son aide à travers un personnel qualifié et se chargera de la logistique et des facilitations administratives nécessaires à la réalisation des projets. La Brigade internationale civico-militaire d'assistance humanitaire Simòn Bolìvar, dont des éléments sont déjà à Port-au-Prince, sera particulièrement mobilisée.

La nouvelle coopération a pour objectif de "consolider et intégrer des schémas de coopération fondés sur des principes de solidarité, de complémentarité et de réciprocité dans la recherche d'un nouvel ordre économique plus juste et socialement équitable".

L'assistance à Haïti sera conforme aux principes fondamentaux de l'ALBA, un projet d'intégration économique régionale fortement marqué par une opposition idéologique sans concession à la Zone de libre-échange des Amériques ZLEA ou ALCA inspirée du néolibéralisme américain.

La loi doit être signée et promulguée par le Président Hugo Chàvez avant d'entrer en application. L'homme fort de Caracas avait récemment qualifié d'héroïque le peuple haïtien en soulignant la nécessité de mettre en place un programme d'aide internationale en sa faveur. Le chef de l'Etat estime que certains pays d'Amérique latine dont le sien ont une dette historique envers Haïti qui avait, au XIXe siècle, énormément contribué à leur indépendance.

La nouvelle législation vient consolider l'axe Port-au-Prince-La Havane-Caracas et accélérer le processus d'adhésion d'Haïti à l'ALBA qui réunit pour l'instant, Cuba, le Vénézuéla, la Bolivie et le Nicaragua. Une coopération trilatérale basée sur "la fraternité et la solidarité entre les peuples" devrait permettre des interventions très importantes en Haïti dans le domaine de la santé, de l'éducation, de l'électricité et des infrastructures routières parallèlement au programme Petrocaribe qui autorise l'importation du Vénézuéla de produits pétroliers à des conditions préférentielles.

L'accord de coopération a été paraphé le 12 mars dernier à Port-au-Prince lors d'une rencontre historique entre le Présidents René Préval et Hugo Chàvez et l'un des vice-présidents cubains, Esteban Lazo. Pendant de longues minutes, les trois hommes étaient en liaison téléphonique avec le "Lìder Maximo", Fidel Castro, alors en pleine convalescence à La Havane.


Paris le 24 juin 2007

A.R.M.A.D.A
Agir pour les Réparations Maintenant 
pour les Africains et Descendants d'Africains
assoc.armada@yahoo.fr

Vénézuela, Haïti, Noirs de France : même combat !

Le gouvernement du Vénézuela est dénigré en ce moment dans toute la presse sous prétexte qu’il limiterait la liberté d’expression. Or il s’agit d’un pays qui défie les USA, qui donne du pétrole à Cuba, et son président Hugo Chavez est reçu triomphalement en Afrique parce que tous connaissent, là-bas, son programme social et anti-colonialiste exemplaire : voilà des raisons suffisantes pour que les médias occidentaux, totalement sous contrôle, le diabolisent !

Cela devrait nous rappeler la campagne odieuse déclenchée contre Haïti en 2004 : alors que se préparaient les commémorations de l’indépendance de la première république noire au monde (1804) : une campagne mondiale d'un exceptionnel niveau de malfaisance fut déclenchée dont  le président Aristide fut la victime institutionnelle.  Devant l’absence de réaction générale, les marines débarquèrent quelques mois plus tard, et chassèrent le gouvernement légitime d’Haïti… comme ils l’avaient fait bien des fois pendant deux siècles.

Nous, descendants d’Africains, sommes conscients d’appartenir à la fois à l’Afrique, à l’Europe, et à l’Amérique toute entière, du nord au sud. Haïti a donné tout son appui  au général Bolivar en 1815, lorsque celui-ci livrait la guerre aux Espagnols, guerre qui déboucha sur l’indépendance de chacun des pays actuels de l’Amérique latine. Le général Petion ne demandait à Bolivar, en échange du soutien des Haïtiens, qu’une chose : l’abolition de l’esclavage, partout où on se battait pour l’indépendance, parce que c’étaient les noirs esclaves qui faisaient tourner tous les secteurs de l’économie : les grosses entreprises modernes telles que plantations sucrières, mines, chantiers navals etc., mais aussi tout le secteur des services et de l’artisanat, en ville.

La révolution bolivarienne en cours au Vénézuela prolonge l’héroïsme de cette époque, en menant un combat sur trois fronts :
- la souveraineté nationale, face à l’impérialisme USien, qui considère toute l’Amérique latine comme son « arrière cour ».
- la liberté de pensée, contre le monothéisme du marché, la servilité face aux USA, la défense du sionisme et de l’apartheid comme « modèle » des relations humaines, et la construction de murs pour dresser les gens les uns contre les autres.
- la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie des plus pauvres ; comme partout en Amérique latine, la population est le résultat de la rencontre de trois populations : les descendants des autochtones, actuels Amérindiens, majoritaires dans les montagnes et les régions reculées ; les descendants d’esclaves déportés d’Afrique, très nombreux dans les grands centres de production ; les descendants d’immigrants européens, désormais devenus des sang-mêlés ; parmi ces derniers, la majorité, la plupart s’identifient avec les deux autres groupes, avec qui ils partagent le même mode de vie, et les mêmes problèmes ; une minorité, se prenant pour une élite « blanche » selon les standards racistes des USA, voudrait revenir à un statut de colonie des USA, se faisant l’illusion qu’ils seraient alors les chouchous de l’empire.

En France, comme en Amérique latine, les populations d’origines diverses se mélangent progressivement, et s’unissent pour défendre également la souveraineté nationale, la liberté de pensée, la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie des plus pauvres.

ARMADA reconnaît l’inspiration africaine du peuple vénézuélien dans son combat, que son président Chavez revendique. ARMADA soutient toutes les dynamiques de type « bolivarien », les seules qui fondent solidement l’identité nationale. C’est sur ces bases que se construiront des relations justes avec l’Afrique, basées sur la réparation des torts causés par le passé colonial de la France, et permettant à chacun de s’intégrer librement à une patrie africaine ou européenne, et non pas sous la pression de la misère et du harcèlement policier.

Le patron spirituel des descendants d’Africains du Vénézuela est le nègre rebelle Miguel, qui dès 1553, organisa la première révolte d’esclaves dans les mines d’or de Buría. Allié avec les Amérindiens, il fonda un « palenque », communauté autonome de résistants, hommes et femmes, avec sa femme Guiomar. Il entreprit la synthèse entre les religions africaines animistes et le christianisme, témoignant ainsi de son ouverture d’esprit. Habile et intrépide pour attaquer militairement les positions des Espagnols, son prestige était immense, et il est encore vénéré par les Afro-Vénézuéliens comme un saint, et un martyr de la cause de l’égalité.

ARMADA, comme l’armée du Nègre Miguel, se bat avec les autochtones pour une société qui ne soit pas fondée sur la dégradation des êtres humains, l’autorité abusive, et la servilité face aux puissances étrangères.

Le Vénézuela est à deux pas de la Martinique, la Dominique, la Guadeloupe, la Barbade, la Jamaïque, Cuba, Haïti entre autres...Oui, il est possible d'être indépendant par rapport aux USA et il est nécessaire de s'organiser entre pays colonisés ou vassalisés contre cette hégémonie destructrice...

Publié dans African diaspora

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